Seulement trois spectacles musicaux seront présentés dans le cadre de Montréal en lumière, qui aura lieu du 20 février au 1er mars, ce qui vient en quelque sorte confirmer un changement introduit l’an dernier : la musique ne fait plus partie de la mission du festival hivernal.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Le groupe montréalais The Franklin Electric se produira au MTELUS le 21 février, jour de la sortie d’un mini-album. Le samedi 29, le soir de la Nuit blanche, la protégée de Kanye West, 070 Shake, viendra présenter à L’Astral son excellent premier album, Modus Vivendi, sorti vendredi dernier. Enfin, les chanteurs Shay Lia et Jon Vinyl seront aussi à L’Astral le 26 février.

Les organisateurs du festival avaient l’« opportunité » de présenter ces trois spectacles, mais la musique ne fait plus partie de la « grande mission » de Montréal en lumière, précise Laurent Saulnier, vice-président programmation et production chez Spectra, en entrevue avec La Presse.

C’est l’an dernier que le festival a délaissé le volet musical en salle de sa programmation pour miser davantage sur sa mission gastronomique.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Laurent Saulnier

La gastronomie doit être le vrai vecteur de Montréal en lumière.

Laurent Saulnier, vice-président programmation et production chez Spectra

Même dans la programmation extérieure gratuite, qui sera annoncée à la mi-février, la musique prendra d’autres formes que des spectacles… Mais Laurent Saulnier ne veut pas en dire plus pour l’instant.

Chose certaine, les organisateurs se devaient de trouver une solution pour « résister à la pluie, au vent, au froid », qui caractérisent le climat hivernal montréalais. « Nous sommes à la merci de la température et nous avons tout vu », souligne-t-il.

Un changement qui déçoit

Avant 2018, Montréal en lumière avait l’habitude de programmer en salle – que ce soit au MTELUS ou à la Place des Arts – des artistes québécois (Pierre Lapointe, Michel Rivard, Milk & Bone) et français (Bénabar, Zaz, Lou Doillon, Juliette Gréco) d’envergure.

La disparition presque complète du volet musical de Montréal en lumière en déçoit plus d’un dans le milieu musical québécois.

« C’est dommage, car cela donnait l’opportunité à plusieurs artistes d’intégrer leur première montréalaise au festival et de profiter de la machine promotionnelle de celui-ci », a dit à La Presse un attaché de presse, qui ne souhaite pas être nommé, car il représente des artistes souvent invités dans des festivals de Spectra.

Évolution de l’offre musicale

Or, explique Laurent Saulnier, Montréal en lumière délaisse la production de spectacles à l’intérieur parce que l’offre musicale est devenue plus abondante en hiver. Le volet musical du festival n’aurait donc plus vraiment sa raison d’être. 

Il y a 20 ans, la naissance de Montréal en lumière était une commande, rappelle M. Saulnier. « Le festival a été créé à la demande des trois [ordres] de gouvernement, de Tourisme Montréal et de la Chambre de commerce », rappelle-t-il. À l’époque, le constat était qu’« il ne se passe rien à Montréal en hiver ». C’était avant les débuts d’Igloofest, par exemple.

« Il y avait une demande pour créer quelque chose sans cannibaliser ce qui existait déjà, soit les saisons de théâtre, de danse… raconte Laurent Saulnier. À l’époque, nous sommes partis avec l’idée d’un volet gastronomique, d’un site extérieur et d’un volet spectacles. »

Il y a environ deux ans, toutefois, Montréal en lumière a constaté que la scène musicale était désormais aussi active en hiver.

Il y a assez d’offres en termes de spectacles. Nous nous sommes recentrés sur la gastronomie […], c’est là qu’il y a un grand besoin.

Laurent Saulnier

Les trois mots d’ordre de Montréal en lumière sont « manger », « fêter » et « créer », affirme Laurent Saulnier.

L’an dernier, pour son 20e anniversaire, Montréal en lumière a « créé » le Quartier gourmand et la Nuit gourmande. « On veut essayer de créer des choses différentes avec la bouffe, » conclut Laurent Saulnier.

Consultez le site de Montréal en lumière