Avec la fermeture des salles de spectacle et la multiplication des mesures de confinement, la musique a donné aux gens un espace de liberté, leur permettant de s’évader, de se divertir, voire de se défouler ! Voici trois listes de chansons tirées des albums coups de cœur de 2020 de nos journalistes Josée Lapointe, Émilie Côté et Marissa Groguhé. Bonne écoute !

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Liste d’écoute de Josée Lapointe

J’aurai les cheveux longs, Klô Pelgag (tirée de l’album Notre-Dame-des-Sept-Douleurs)

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Difficile de choisir une seule chanson dans ce troisième album de Klô Pelgag, un des meilleurs de l’année tant par son ambition que par son amplitude. Mélodique et riche dans ses magnifiques arrangements de cordes, J’aurai les cheveux longs nous emporte dans un tourbillon d’émotions et de sensations, à l’image de cette œuvre magistrale.

Tu trembleras encore, Maude Audet (tirée de l’album Tu ne mourras pas)

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La douceur folk de Maude Audet se déploie dans toute sa splendeur dans ce troisième album sorti en février. Première chanson du disque, Tu trembleras encore est une espèce de complainte mélancolique et triste, mais porte aussi une charge émotive puissante qui nous entraîne dans son sillage.

Maladresses, Antoine Corriveau (tirée de l’album Pissenlit)

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Antoine Corriveau emprunte de nombreuses avenues dans ce quatrième album. Maladresses n’en est pas la pièce la plus profonde ni la plus exploratoire. Mais c’est la plus ouvertement pop… et la plus courte, bonbon amusant qu’on a fait jouer encore et encore pour faire durer le plaisir acidulé de ce morceau faussement enjoué.

Chalet, Comment Debord (tirée de l’album Comment Debord)

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Joyeux mélange d’ambiance seventies, de sens du collectif et de tradition chansonnière, le groove décontracté du jeune septuor s’incarne dans Chalet, irrésistible chanson au texte délicieusement absurde (merci au parolier et principal interprète Rémi Gauvin). Ce premier album lancé en septembre s’est incrusté dans nos oreilles, et on a hâte maintenant de voir Comment Debord sur scène.

Sunshine, SOMMM (tirée de l’album SOMMM)

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SOMMM, c’est le projet d’Ariane Moffatt et d’Étienne Dupuis-Cloutier (DRMS), qui ont livré en avril un album réjouissant et généreux. La chanson Sunshine, collaboration explosive avec le groupe Clay and Friends, aura sûrement été la plus lumineuse de l’année, positive et remplie d’énergie. En attendant d’être rendus « de l’autre côté », on continue de l’écouter avec le sourire.

Summer Hunting, Anachnid (tirée de l’album Dreamweaver)

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Anachnid est arrivée dans le décor début 2020 avec cet album aux consonances hyper contemporaines qui puise ses thèmes dans l’univers autochtone. Avec son rythme électro irrépressible qui nous entraîne jusqu’au bout avec elle, Summer Hunting en est peut-être le meilleur exemple… et la preuve qu’Anachnid est là pour de bon.

Et je cours, Lucill (tirée de l’album Bunny)

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De la pop française des années 1980, du rock des années 1990, des textes introspectifs, une voix douce qui se mêle aux guitares : le premier album de Lucill est fort séduisant, et la chanson Et je cours, petit bijou pop et mélodique, est franchement accrocheuse. On aura bien envie de voir cet univers transposé sur scène quand viendra le temps.

Aller, Mon Doux Saigneur (tirée de l’album Horizon)

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Il y a beaucoup d’air qui circule dans ce deuxième album de Mon Doux Saigneur, lancé au début de l’année. Emerik St-Cyr Labbé et son groupe nous entraînent sur le chemin de la liberté, et avec ses touches de pedal steel et d’harmonica, la nonchalante chanson Aller est une invitation à partir en road trip sans destination précise, juste pour le plaisir de rouler.

Je reste ici, Mara Tremblay (tirée de l’album Uniquement pour toi)

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Mara Tremblay a lancé au printemps cet album créé dans la souffrance, mais d’où a émergé une mer de beauté. Je reste ici est une chanson d’amour lumineuse, une valse country pleine de tendresse et d’espoir, portée par la sensibilité d’une autrice-compositrice-interprète qui ne se met plus de limites et qui se trouve au sommet de son art.

La vie c’t’une peine d’amour, Gab Bouchard (tirée de l’album Triste pareil)

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Sorti deux semaines avant le début de la pandémie, le premier album de Gab Bouchard s’est quand même frayé un chemin à travers les mauvaises nouvelles. À l’image des autres chansons, La vie c’t’une peine d’amour est sincèrement déchirée et délicieusement déchirante, et il faut le dire, la hurler à tue-tête au volant de sa voiture est un plaisir non coupable.

Liste d’écoute d’Émilie Côté

Des feux pour voir, Marie-Pierre Arthur (pièce-titre de l’album éponyme)

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Des guitares à l’ivresse grunge, une mélodie qui prend aux tripes et un refrain où Marie-Pierre Arthur se libère d’une charge intérieure en criant « La maison flambe et je m’endors ». Des feux pour voir est notre chanson défoulatoire par excellence de 2020. Mais tout l’album du même titre est un pur ravissement pour toute personne qui se sent à la croisée des chemins.

Mr. Landlord, Ondara (tirée de l’album Folk n’ Roll Vol. 1 – Tales of Isolation)

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D’origine kényane, J. S. Ondara vit à Minneapolis, la ville américaine où un homme noir, George Floyd, est mort asphyxié sous le genou d’un policier. Or, c’est avant cet évènement tragique, pendant le confinement du printemps, que le jeune homme-orchestre de 27 ans a enregistré son album qui traite de solitude, de justice, de déprime et de rejet. Sans le vouloir, il concevait l’album le plus emblématique de 2020.

Essayer, Peter Peter (tirée de l’album Super comédie)

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À chaque album de Peter Peter, son charme nonchalant opère, tout comme ses mélodies à l’ivresse mélancolique irrésistible. Essayer, chanson à la fois dansante et introspective, est portée par un rythme haletant, des guitares new-wave et même un saxophone. Ce qu’il a bon goût ce Peter Peter, installé à Paris.

Runaway, CRi (tirée de l’album Juvenile)

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Immense coup de cœur pour le premier album de CRi, projet électronique de Christophe Dubé. Ce dernier se dit autant inspiré par Daniel Bélanger que par Moby. Chose certaine, ses chansons sont des bourgeons qui éclosent dans un crescendo d’émotions et de pulsations dansantes. Jesse Mac Cormack, Daniel Bélanger, Sophia Bel, Bernache et Robert Robert figurent sur son album. Allez, plongez-y !

Morrow, 070 Shake (tirée de l’album Modus Vivendi)

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À la sortie de son premier album en janvier dernier, elle était déjà l’une de nos grandes révélations de l’année. 070 Shake, née Danielle Balbuena, a d’abord fait parler d’elle en collaborant avec un certain Kanye West. Son premier album (réalisé en grande partie par le Montréalais et ex-Stills Dave Hamelin) a une force de caractère puissante et contagieuse.

Graceless, Beyries (tirée de l’album Encounter)

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Beyries, quelle grande mélodiste. Toutes les pièces de son deuxième album, Encounter, sont porteuses de lumière et d’espoir. Impossible de ne pas être galvanisé par une chanson comme Graceless. Ou d’être remué par des ballades à la force tranquille comme What We Have et Closely. Beyries a sur nous l’effet que Sarah McLachlan avait à une certaine époque.

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Violence, Grimes (tirée de l’album Miss Anthropocene)

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Une sortie d’album maintes fois repoussée, c’est rarement bon signe. Or, l’album de Grimes, Miss Anthropocene, s’est avéré du grand art pop. Un opus d’une grande cohésion composé essentiellement de tubes. Que ce soit avec une insolence rock, du dance nineties ou de l’électro céleste, Grimes décrit un monde sombre, ébranlé par les algorithmes et les changements climatiques.

Sacrifice, Plants and Animals (tirée de l’album The Jungle)

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Il fallait bien qu’un groupe – fortement associé à ce qu’on appelait jadis la scène indie de Montréal – sauve l’honneur du rock dans notre palmarès de fin d’année. Un signe que le temps passe, mais surtout que la musique populaire est cyclique. Pourquoi The Jungle ? Pour ses huit grosses tounes. Pour la voix fichtrement inspirée de Warren Spicer. Pour les hymnes – tantôt enivrants, tantôt sous haute tension – de son groupe complété par Nicolas Basque et Matthew Woodley.

Pale, Helena Deland (tirée de l’album Someone New)

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Sa voix à la fois prenante et nonchalante. Ses ritournelles mélodiques qui épousent des arrangements électro et folk hypnotiques. Des textes féministes où il est question de fragilité, de manque de confiance et d’éternelle insatisfaction. Quoi faire pour remédier à tout cela ? S’inventer une nouvelle version de soi, d’où le titre Someone New. Tout un premier album pour Helena Deland (encore meilleur que ceux de Soccer Mommy et Phoebe Bridgers).

La Havane, Sofiane Pamart (tirée de l’album Planet Gold)

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Le néo-classique n’est plus une tendance ou une mouvance, mais bien un genre musical bien établi, qui est là pour de bon. De tous les albums sortis cette année (notamment au Québec avec Louis-Étienne Santais, Dylan Phillips, Viviane Audet, et Slow Fade Sailors), on attire votre attention sur celui du pianiste français (associé à la scène rap) Sofiane Pamart. Parce qu’il n’y aura jamais assez de musique au piano qui fait du bien !

Liste d’écoute de Marissa Groguhé

Around Here, Matt Holubowski (tirée de l’album Weird Ones)

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Matt Holubowski a créé avec l’album Weird Ones un objet fait de ses meilleures créations, d’une grande inventivité mélodique, d’une exécution presque parfaite. La pièce Around Here est émotive et douce, intense et poignante. La grande sensibilité de l’auteur-compositeur-interprète y transparaît le mieux.

Passive Aggressive, Charlotte Cardin (simple)

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Si elle nous fait languir depuis un bon moment, Charlotte Cardin a annoncé une des couleurs que prendra son premier album en faisant paraître Passive Aggressive, en septembre. Cette géniale composition, pop et R&B, dansante, insufflée des codes des années 1980, promet de belles choses pour la suite. La voix de Charlotte Cardin, comme toujours, est sublime.

Cool, Dua Lipa (tirée de l’album Future Nostalgia)

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Future Nostalgia, de la Britannique Dua Lipa, est l’album qui met de bonne humeur et donne du pep à tout coup, grâce à une nostalgie dansante revisitée avec adresse. Le tempo ne décline jamais durant 45 minutes d’écoute. Les mélodies sont fortes, l’interprétation est réussie. La chanson Cool est parmi celles que l’on fait rejouer en boucle.

Disparitions, Jonathan Personne (tirée de l’album Disparitions)

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Inspiré par les compositions du grand Ennio Morricone, Jonathan Personne a fait paraître un album aux saveurs western spaghetti, qui atteint son apogée sur la pièce-titre. La magnifique chanson Disparitions, avec ses cordes somptueuses, sa voix aérienne et sa cadence enlevante, permet de vraiment s’immerger dans l’univers que Jonathan Personne a façonné avec ce superbe album.

Good News, Mac Miller (tirée de l’album Circles)

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Cette pièce est profondément touchante. Surtout lorsque l’on connaît le parcours du rappeur Mac Miller, disparu en 2018 à la suite d’une surdose. L’album Circles est paru de façon posthume cette année. Pour une toute dernière fois, on a pu découvrir de nouveaux morceaux de l’agile Mac Miller. Good News est poignant de vérité, il y discute de ses difficultés, mais aussi de son espoir pour la suite…

Get It Right (remix, avec Souldia et MB), Naya Ali (tirée de l’album Godspeed : Baptism)

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La chanson Get It Right ne date pas de cette année, mais pour la sortie de son long jeu, Naya Ali a proposé de revisiter cette très bonne pièce. Cette version avec MB (du collectif 5Sang14) et Souldia, deux maillons importants du rap en ce moment, est encore mieux que l’originale.

exile, Taylor Swift (tirée de l’album folklore)

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Taylor Swift a été surprenante cette année. Même ceux qui n’ont jamais été particulièrement charmés par son offre pourraient y trouver leur compte, alors qu’elle explore sur folklore (puis sur sa suite, evermore) une nouvelle teinte de son répertoire. La chanson exile bénéficie de l’apport du génie Bon Iver, du doux piano et d’une si belle rencontre des voix.

Amen, Backxwash (tirée de l’album God Has Nothing to Do With This Leave Him Out of It)

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La musique de Backxwash ne ressemble à rien d’autre. La pièce Amen en est une preuve, mais toutes les pièces de son récent mini-album, qui lui a valu de recevoir le prestigieux prix Polaris, en valent la peine. On ne fera pas s’endormir un bébé sur les mélodies de Backxwash, qui mêle le rap au métal. Elle livre ses vers percutants avec force, violence même, mais surtout avec grande agilité.

Croire en rien, Louis-Jean Cormier (tirée de l’album Quand la nuit tombe)

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Croire en rien est un texte touchant, intime, sur une mélodie poignante. Louis-Jean Cormier est allé puiser dans des inspirations gospel pour composer cette pièce, qui propose une trame à la fois mélancolique et groovy.

Grow into Love, Half Moon Run (tirée de l’album Seasons of Change)

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Les membres de Half Moon Run maîtrisent merveilleusement les harmonies, la pièce Grow Into Love n’en est qu’une des plus récentes preuves. Son refrain, son interlude à l’harmonica, sa rythmique à la fois veloutée et entraînante font du bien, tout comme le reste de ce mini-album, à consommer sans modération.