On a beaucoup vu FouKi pendant la pandémie et on ne s’en plaindra pas. Sa bonne humeur ainsi que sa créativité sans limites ont apporté beaucoup de couleur à cette année sombre. Nous en avons discuté avec le gentil rappeur, qui assume pleinement son image positive.

Josée Lapointe
Josée Lapointe La Presse

Quand on pense à FouKi, on imagine un bouillonnement ininterrompu d’idées, de mélodies et de paroles. Mais on a l’impression que cette année aura été plus créative que jamais pour Léo Fugères, qui aura 24 ans le 25 décembre. Il a multiplié les collaborations gagnantes – Koriass, Ariane Moffatt, Alicia Moffet –, les apparitions dans des spectacles collectifs et sur les réseaux sociaux, et pour couronner le tout, il a lancé le 20 novembre un album-surprise, Grignotines de luxe, un mois après avoir sorti l'EP… Grignotines.

« Je ne pense pas que j’ai été plus créatif que d’habitude cette année, mais c’est sûr que j’ai pris un step musicalement », dit FouKi, qui convient que l’arrêt forcé par la pandémie a quand même eu un impact. « Même si je me dis : ‟je ne vais pas créer aujourd’hui”, je sais que la journée va être longue, alors je vais quand même créer quelque chose. »

2020 aura été en fait l’année où le projet FouKi s’est clarifié sur tous les plans. En studio, par exemple, il sait maintenant beaucoup plus rapidement s’il tient « une bonne toune » et perd moins de temps. Il l’a constaté en travaillant sur Grignotines de luxe, son troisième album en carrière, avec ses deux principaux complices, le beatmaker QuietMike et Clément Langlois-Légaré (Pops, guitariste de Clay and Friends) : il a atteint une plus grande maîtrise de son art, maîtrise amplifiée par le confinement.

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« On avait plus le temps de réfléchir chacun chez nous, alors quand on arrivait en studio avec toutes nos idées accumulées, ça allait vite. Il y a des chansons, on est passé de la maquette au mix final en genre quatre ou cinq heures ! »

Il est aussi plus en contrôle de son image et de son « brand » joyeux aux couleurs pastel – il a même lancé une gamme de masques au printemps, et en offrira une nouvelle bientôt. « On sait plus où on s’en va et on a bien fait ça. »

L’année sans tournée lui a d’ailleurs donné plus de liberté pour lancer des projets un peu fous, comme faire une émission culinaire en guise de spectacle de lancement, dans lequel il a invité, entre autres, sa mère et le chef Mirko D’Agata, du restaurant Pizzeria No 900.

« J’ai tout le temps des idées, mais si tu as 40 spectacles à faire, tu n’as pas le temps de les pousser. Mais ce n’est pas juste moi, c’est mon équipe. C’est Felipe qui fait les dessins, c’est Xavier qui a réalisé le clip de Bijou, c’est Phil le réalisateur du show culinaire… On a eu tellement de fun à enregistrer ça ! Je faisais des crêpes avec ma mère, c’était tellement cute, les pizzas avec Mirko… On était en mode ‟presque pas de cash”, c’était ‟ayez du fun et on garde le meilleur”. »

Incontournable

FouKi est un peu devenu un incontournable cette année, entre une collaboration avec Alicia Moffet (l’excellente chanson Ciel, dont le formidable clip animé a obtenu plus de 1,5 million de vues sur YouTube depuis le mois d’avril) et une prestation au spectacle de la Saint-Jean, où il a aimé rencontrer les autres artistes du milieu.

« J’en parlais avec Patrice Michaud – je l’aime assez, ce gars –, sans la COVID, on se ferait un câlin ! La Saint-Jean, c’est un peu comme notre party de Noël où tu peux rencontrer plein de monde. Ce qui est drôle : Richard Séguin voulait une photo de moi pour sa nièce, et moi, je voulais une photo de lui pour ma tante ! »

Il continue en fait à vivre très bien avec son image de rappeur positif, attitude qui a probablement contribué à sa popularité.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

FouKi

J’avoue que je suis un peu de même… Je suis un gentil rappeur qui mange des grignotines ! Je suis quelqu’un de positif dans la vie en général, et c’est un peu le message que j’avais envie de donner avec mon style de rap. C’est naturel.

FouKi

L’idée de sortir d’abord un EP de quatre chansons, puis quelques semaines plus tard un album complet avec « huit chansons surprises », tient d’ailleurs autant du sympathique coup de marketing et du désir de durer – « Je trouve que sans un album officiel, les tounes se perdent un peu » — que d’une forme de générosité qui tombait à point pendant la pandémie.

« Je ne fais pas ça pour faire plaisir aux gens à la base. Mais quand j’ai décidé de sortir un album, je me disais que je n’avais pas envie de faire quelque chose de moraliste, de depress ou de dark. Ça s’est peut-être ressenti. »

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En tout cas, pour FouKi, l’année 2020 n’aura pas été forcément négative, puisqu’elle lui a permis de « pousser les limites classiques du musicien-chanteur-rappeur » et de travailler sur d’autres aspects de sa carrière.

« J’ai eu du fun. J’aurais eu du fun si tout avait été ouvert, mais j’ai eu du fun pareil. Mais c’était une année crissement pas positive pour l’art. »

Il souhaite à son album de durer et rêve, pour 2021, « qu’on puisse revivre comme en 2019 ». « Je n’en demande pas trop. »

Et pour la suite, il s’applique sur ce qu’il fait et attend de voir ce que l’avenir lui réserve.

« Être ouvert et happy me permet d’ouvrir des portes malgré moi. J’en profite. C’est poche, la COVID. Je n’ai pas de kid à m’occuper, et pour le troisième album, j’aurais voulu aller en France le travailler, c’était ça le but. Mais bon, ce sera pour le quatrième, ou le cinquième, peu importe. »