C’est le 18e album solo de Paul McCartney, le troisième de sa série en tant qu’homme-orchestre, mais le tout premier de sa florissante carrière écrit et enregistré en confinement.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Avant même d’écouter une chanson, il y a quelque chose d’éminemment réconfortant dans le fait que Paul McCartney lance un album en cette fin d’année maussade et pandémique.

McCartney III clôt une trilogie d’homme-orchestre entamée il y a 50 ans, alors qu’il voulait retrouver une liberté totale de création après la folie des Beatles. Cette fois-ci, Sir Paul a écrit, arrangé, enregistré et réalisé ses 11 nouvelles chansons dans sa ferme anglaise du Sussex alors que la planète apprenait à vivre en distanciation physique.

Il n’y avait pas un George Martin ou un Nigel Godrich à ses côtés. Résultat : Paul McCartney a 78 ans et cela s’entend.

Sa voix est mise à nue. Plus fragile. Et ce n’est pas une mauvaise chose. C’est plutôt un privilège d’être en toute intimité dans l’antre créatif de l’ex-Beatle.

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

McCartney III

Grand mélodiste, McCartney nous prend par la main dès la chanson Find my Way (après une ouverture instrumentale). Au programme pour la suite : une ballade au piano avec Women and Wives, du blues avec Lavatory Lil, une chanson hypnotique de huit minutes qui décortique magnifiquement le sentiment amoureux (Deep Deep Falling), et même du stoner-rock avec Slidin’. Sans compter la réconfortante ballade très beatlesque Winter Birds — When Winter Comes qui clôt l’album.

McCartney est un multi-instrumentiste capable de tout. On le savait déjà, mais son flair pop, sa contemporanéité et même son avant-gardisme nous impressionnent chaque fois.

McCartney figure par ailleurs sur la page couverture du nouveau numéro de Rolling Stone avec Taylor Swift. On nous — et on lui — souhaite un McCartney IV.

Précision : McCartney III sort vendredi (un 18 décembre pour un 18e album solo).

★★★½

Folk rock. McCartney III. Paul McCartney. Capitol Records.