Louis-Étienne Santais, c’est la moitié discrète des duos indie-pop Fjord et Ghostly Kisses. Le musicien de Québec vient de lancer un album instrumental de compositions au piano, Réflexions 1, qui s’inscrit très bien dans le courant néoclassique et qui lui permettra sûrement de se faire un nom.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Le parcours

Louis-Étienne Santais a étudié en musique au cégep (double DEC avec sciences de la nature) et à l’université — un an en interprétation drum-jazz, pour ensuite aller en finances. « Après l’université, j’ai même travaillé dans une compagnie d’assurances et de services financiers pendant deux ans, raconte le musicien de 29 ans. Mais quand Fjord a commencé à fonctionner, j’ai mis ça derrière moi. Je n’ai jamais regretté ma décision. » C’était une manière de ménager ses arrières, bien sûr, et ces connaissances lui ont aussi beaucoup servi comme travailleur autonome. « Je serais perdu sans ça. »

Ainsi Louis-Étienne Santais a commencé sa carrière de musicien professionnel en 2015 avec Fjord, aux côtés de son complice Thomas Casault. « On fait de la musique ensemble depuis qu’on a 15 ans. » Et il fait aussi partie de Ghostly Kisses, dont le visage connu est celui de l’autrice-compositrice-interprète Margaux Sauvé, avec qui il compose les pièces.

L’album

Tant Fjord que Ghostly Kisses, qui connaissent beaucoup de succès sur les plateformes d’écoute en continu, proposent des musiques électro-pop plutôt planantes. S’il n’y a pas une rupture de ton trop marquée avec ce premier album solo — il n’est pas passé du heavy metal au néoclassique ! —, le choix de troquer les sons électroniques contre le son du piano peut sembler surprenant. Mais pas pour lui. « Ce n’est pas une évolution tant que ça parce que j’ai toujours composé au piano. Ç’a toujours été très, très familier. Mais je comprends que de l’extérieur, c’est un bon saut ! »

Les 11 pièces de l’album sont d’ailleurs un « patchwork » de compositions faites au cours des dernières années. « C’est ça qui m’a incité à faire un album. Je regardais ça dormir sur mon ordi, des fichiers “Compo piano 1, 2, 3, 4, 5”, je me disais il faudrait mettre ça au monde une fois pour toutes et arrêter de douter. » C’est pour cette raison que l’album s’appelle Réflexion 1 ? « Oui, il y a un bon Réflexion 2 qui est déjà prêt ! »

Extrait de La plage du Nord, de Louis-Étienne Santais

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Le néoclassique

Si Louis-Étienne Santais avait envie de se frotter au style néoclassique, qui est très en vogue en ce moment, c’est entre autres parce qu’il en aime les textures sonores.

Chez Alexandra Stréliski, ce qui m’a le plus allumé, c’est le volet réalisation. J’étais fasciné par le son du piano avec sourdine, je l’ai d’ailleurs contactée directement pour savoir comment elle faisait ça, parce que je ne comprenais pas !

Louis-Étienne Santais

« Je suis allé au même studio, j’ai travaillé avec le même ingénieur, pour être capable de reproduire ce son que j’aimais tant », ajoute M. Santais.

L’accueil est déjà favorable : la pièce Augustines a déjà été écoutée plus de 2,5 millions de fois sur Spotify, et figure sur plusieurs importantes listes de musique instrumentale. « Utiliser mon vrai nom et avoir déjà une crédibilité comme musicien, ç’a probablement aidé à avoir la considération des curateurs. Mais pourquoi une pièce marche mieux qu’une autre, qu’est-ce qui vient aux oreilles des curateurs et comment ? C’est un mystère difficile à percer. »

Extrait d’Augustines, de Louis-Étienne Santais

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La suite

Le piano solo est là pour de bon dans la carrière de Louis-Étienne Santais, qui espère que son « bébé » ira le plus loin possible. Des succès comme ceux d’Alexandra Stréliski et de Jean-Michel Blais le font rêver. « Je ne peux pas dire que je n’aspire pas à ça. Ce n’est pas dans mon contrôle totalement, mais je vais tout faire pour y arriver. »

IMAGE FOURNIE PAR COYOTE RECORDS

L’album Réflexions 1, de Louis-Étienne Santais

Quant à ses autres groupes, Fjord est sur la glace pour permettre à ses deux membres de se consacrer à autre chose, alors que Ghostly Kisses reste un « projet phare ». « On travaille sur un album complet qui est assez avancé, on a des projets en français… et une collabo avec moi ! »

En tout cas, Louis-Étienne Santais a encore beaucoup de musique à composer, et pour lui, le piano solo n’est qu’une manière de plus pour s’exprimer. « Je ne suis pas à l’étroit dans l’électro parce que ce n’est pas formaté pour la radio et que ça donne beaucoup de possibilités. Mais c’est autre chose, et la musique instrumentale, je n’ai pas d’autre choix que de la faire pour moi-même. »

Réflexions 1, album instrumental de Louis-Étienne Santais, chez Coyote Records.