« J’ai du love pour le hood, mais c’est le hood qui nous tue », chante Lost avec franchise dans Entre nous, morceau tiré de Lostalgik, solide album-surprise lancé le 27 novembre dernier.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Le membre du populaire collectif 5sang14 revient sur son passé avec le recul de celui qui a réussi. Un thème usé à la corde dans le rap québécois comme à l’international. Mais pour cet habile parolier à la voix mélodieuse, difficile de ne pas briller, peu importe le sujet, que ce soit en groupe ou en solo.

Extrait de Poséidon, de Lost (avec Ryan et Demso)

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Avec le succès commercial vient un nouveau défi : ne pas perdre son authenticité et sa pertinence. Épreuve relevée avec panache dans Lostalgik. Sans faire dans le récit édulcoré, Lost parle maintenant de la rue comme d’une chose du passé, avec un flow tranchant.

Le rappeur demeure habile dans sa prose avec des verses qui font sourire et réfléchir (« Les vrais amis se comptent sur les doigts d’une main de Yakuza »). Et l’offre est variée. L’album aborde d’un ton cinglant les injustices sociales exacerbées par la pandémie dans Ça va mal aller, la drogue dans Psychotrope et la rue. On peut danser sur Chicotter et Booty Call, alors que Décennie est un exercice d’introspection moins rythmé, mais tout aussi riche musicalement.

IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

Pochette de l’album Lostalgik, de Lost

Finalement, Lost donne sa pleine mesure dans Kakashi Hatake et Des m et des miettes, où il rappe comme si sa vie en dépendait. Un album étoffé qui a déjà conquis les adeptes de rap keb et pourrait en convertir de nouveaux.

★★★★

Rap. Lost. Lostalgik. 5sang14.