Lourd et sombre, If Everything Happens for a Reason… Then Nothing Really Matters at All est la preuve que Gone Is Gone n’a rien d’un éphémère « supergroupe ». Ici, la notoriété individuelle des membres n’a pas d’importance, c’est le groupe qui cherche à définir sa propre voie, dans un réel effort de création qui ne s’apprivoise pas dès la première écoute.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

Gone Is Gone est le véhicule expérimental du bassiste Troy Sanders (Mastodon), du guitariste Troy Van Leeuwen (Queens of the Stone Age), du batteur Tony Hajjar (At the Drive-In) et du multi-instrumentiste Mike Zarin. En fait, les deux derniers sont les fondateurs de Sencit, entreprise californienne à l’origine de l’habillage sonore de plusieurs bandes-annonces de films et de jeux vidéo à succès.

Extrait de Breaks

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Certaines de leurs compositions cadraient mieux dans un environnement de groupe, voilà pourquoi Gone Is Gone est né, lançant un premier EP en 2016. Tout comme dans l’album Echolocation, dévoilé l’année suivante, la formule était davantage rock, plutôt stoner, avec une touche progressive. If Everything Happens for a Reason… est franchement plus expérimental, avec des textures denses et triturées qui nous amènent en territoire industriel. No One Ever Walked on Water, Death of a Dream et surtout Breaks sont à des lieues de ce que nous proposent normalement Mastodon, QOTSA ou ATDI.

L’excellente Everything is Wonderfall est plus rock dans sa formule, mais elle demeure l’un des faits saillants de l’album. Lourde et tendue avec une basse gutturale qui lui donne d’angoissants accents gothiques, elle met aussi en valeur la voix de Troy Sanders, le chanteur-bassiste montrant non seulement son registre étendu, mais aussi une remarquable polyvalence.

PHOTO FOURNIE PAR CLOUDS HILL GROUP

If Everything Happens For A Reason… Then Nothing Really Matters At All, de Gone Is Gone

Les inquiétantes dissonances de Force of a Feather et Dirge for Delusions viennent conclure un ensemble somme toute solide, malgré quelques intermèdes expérimentaux plus ou moins nécessaires. Peut-être des intercalaires rendus nécessaires en raison de la pandémie — l’album a été entièrement enregistré à distance, les musiciens n’ayant pas été en mesure de jouer ensemble, contrairement au plan original. Ce sera pour le prochain disque, parce que Gone Is Gone est ici pour de bon.

★★★

Métal industriel. If Everything Happens for a Reason… Then Nothing Really Matters at All. Gone is Gone. Clouds Hill Group.