On peut difficilement juger un groupe comme The Smashing Pumpkins sans d’abord le comparer à lui-même, c’est-à-dire à ses plus grands disques : Gish, Siamese Dreams et Mellon Collie and the Infinite Sadness. Le plus récent des trois date de 1995…

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

CYR, comme Mellon Collie, est un album double. Il est bien plus court, cependant : 1 heure 12 minutes, alors que l’album emblématique du rock alterno des années 1990 faisait environ 2 heures. Autre différence majeure : Billy Corgan n’y met pas de l’avant des guitares rugissantes, mais des synthés. Le plus souvent assez froids, d’ailleurs.

Extrait de Wyttch

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On ne s’attend plus à ce que, à 53 ans, Billy Corgan se déchaîne comme un ado énervé. N’empêche, CYR manque de cette sève qui a fait des Smashing Pumpkins un groupe excitant. Ici, les morceaux essentiellement portés par les claviers manquent de relief. Et quand la guitare ressort, on a trop souvent l’impression d’entendre des riffs et des idées empruntés à une foule de groupes post-grunge ou rap-rock des 25 dernières années (Wyttch).

Billy Corgan hésite ici entre synth pop passablement très pop et rock plus sombre. Avec des envies de grandeur, mais sans jamais atteindre sa grandeur passée. CYR n’est pas sans grâce, ni sans belles envolées épiques, mais sur la durée, la sauce ne prend pas vraiment. Au bout de 20 morceaux, dont aucun ne se démarque vraiment, on a plutôt le sentiment que le chanteur gémit en quête d’inspiration.

IMAGE FOURNIE PAR SUMERIAN RECORDS, ASSOCIATED PRESS

CYR, des Smashing Pumpkins

★★½

Rock alternatif. CYR. The Smashing Pumpkins. Sumerian Records.