Le groupe Population II a sorti récemment son premier album, À la Ô Terre, avec le réputé label californien Castle Face Records. Juste à temps pour le festival-vitrine M pour Montréal, qui aura lieu en mode virtuel du 18 au 20 novembre et dont le trio fait partie de la sélection officielle. Entrevue avec le multi-instrumentiste Tristan Lacombe.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Les origines de Population II

Le trio est formé de deux amis depuis l’adolescence, Sébastien Provençal (bassiste) et Tristan Lacombe (guitares et claviers), ainsi que du chanteur Pierre-Luc Gratton, qui s’est joint au groupe sur le tard. Population II, voilà comment on nomme « les étoiles plus vieilles qu’on ne voit pas dans le ciel, indique Tristan Lacombe. J’aimais l’idée de quelque chose qui est là, mais qu’on ne voit pas car elle brille moins ». Population II, c’est aussi le titre d’un album-culte — ou plutôt bootleg — de Randy Holden sorti en 1970 (réédité en février dernier). Selon des historiens de la musique populaire, Population II aurait été le premier album de musique heavy metal avec son rock psychédélique plus lourd. Mais comme l’opus n’a jamais eu de sortie officielle, c’est plutôt à Black Sabbath que revient ce titre.

IMAGE TIRÉE DU SITE DE DISCOGS

Population II, de Randy Holden

Du rock étoilé

Chose certaine, on peut qualifier de rock « étoilé » la musique de Population II tellement il irradie dans plusieurs directions. « Nous sommes des nerds qui écoutons beaucoup trop de musique », lance Tristan Lacombe. « Du jazz, du folk, du punk, du rock psychédélique. Des groupes comme Soft Machine, The Stooges et MC5 », énumère le multi-instrumentiste. Et la plume de Pierre-Luc Gratton ? « Romantique, introspective… qui nous fait méditer sur nos épreuves. » Population II donne des spectacles depuis 2015. « C’est notre force. Nous avons pris l’habitude de jouer des tounes qui ne sont pas sorties. » L’extrait Il eut un silence dans le ciel plaît particulièrement à Tristan Lacombe et définit bien le groupe. « Des contrastes et une envolée super intense à la fin. C’est celle que je préfère jouer. »

Extrait de la chanson Il eut un silence dans le ciel

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Emmanuel Éthier à la réalisation

Emmanuel Éthier signe la réalisation d’À la Ô Terre. Éthier est un réalisateur caméléon qui a guidé en studio autant Catherine Durand, Peter Peter et Pierre Lapointe que Corridor, le P’tit Belliveau et Choses sauvages. « En studio, Manu voulait juste qu’on joue les chansons live comme en spectacle. Mais on les a refaites bien des fois ! raconte Tristan Lacombe. Manu nous a vraiment permis de nous améliorer et de prendre de la maturité […] On voulait quelque chose de plus concis que nos EP et moins de jams. » Les troisième, quatrième et sixième chansons d’À la Ô Terre étaient même une seule longue et même pièce à l’origine. À l’inverse, si la pièce Introspection fait 4 minutes et 40 secondes sur l’album, Population II peut l’étirer pendant 15 minutes en spectacle.

Extrait de la chanson Introspection

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Un contrat avec Castle Face Records

Population II doit beaucoup à Emmanuel Éthier. Pas seulement pour la réalisation de son premier album, mais aussi pour avoir soumis l’album du trio à John Dwyer, du label californien Castel Face Records. Il faut savoir que le groupe d’Éthier, Chocolat (dont fait partie Jimmy Hunt), a tourné avec le groupe The Oh Sees, le groupe de Dwyer. Voilà donc Population II sous contrat avec Castle Face Records. « On n’y croyait pas. C’est comme un rêve. » Cela augmente le rayonnement d’À la Ô Terre, notamment à l’international.

Des spectacles virtuels

Population II sortira un clip pour sa chanson Ce n’est rêve. Une autre pièce dont l’ouverture « calme » se déchaîne, dit en riant Tristan Lacombe. Le public peut aussi voir en ligne le spectacle que le trio a donné dans le dôme de la Société des arts technologiques (SAT) en août dernier. Il y a eu un lancement d’album virtuel le 7 novembre dernier en direct de la salle l’ANTI, à Québec, puis il y aura une prestation dans le cadre de M pour Montréal. En attendant de remonter sur scène devant un public présent en chair et en os, Population II travaille déjà à son deuxième album.

À voir à M pour Montréal

M pour Montréal accueille habituellement des centaines de délégués internationaux. C’est en mode virtuel que le festival-vitrine moussera cette année l’exportation de la musique d’ici à l’étranger du 18 au 20 novembre.

M pour Montréal ne change rien à sa formule de conférences, de réseautage et de sa « sélection officielle » d’artistes. L’évènement n’a pas lésiné sur les moyens pour les mettre en valeur malgré la pandémie.

Les prestations virtuelles se feront dans le cadre de deux programmes télévisuels, réalisés par Éric Morin et Parce que Films, avec l’apport de Pestacle à la scénographie. Les décors et l’éclairage évoqueront le mythique Ed Sullivan Show des années 1970 et le The Word des Limehouse Studios des années 1990.

Un Montréal Magique Musique Show réunira les artistes francophones Flore Laurentienne, Laurence-Anne, Maude Audet, Totalement Sublime, ainsi que Population II (le 18 novembre à 21 h). Le pendant anglophone mettra en vedette Alex Nicol, Edwin Raphael, Janette King, Paul Jacobs et Shay Lia.

M pour Montréal présentera aussi le 20 novembre une prestation solo intimiste de l’auteur-compositeur-interprète Mac DeMarco, en direct de chez lui, en Californie. Les billets sont en vente sur le site lepointdevente.com au coût de 20 $.

> Consultez le site de M pour Montréal