Originaire de Norvège et installée en Suède, Ane Brun développe depuis près de deux décennies une pop indie basée sur le folk, mais tentée par l’expérimentation. After the Great Storm sonne comme son titre le laisse entendre : c’est une accalmie, un album de chansons aériennes et douces, aux rythmes assez posés.

Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

Honey, morceau qui ouvre le disque, donne le ton : c’est une espèce de trip hop à tendance chill out sur lequel la chanteuse aux racines samies, peuple autochtone du nord de la Scandinavie, pose son chant haut perché. Sa voix sinueuse évoque celle de Beth Gibbons, de Portishead, l’humeur cafardeuse en moins. On pense aussi à Liz Fraser, de Cocteau Twins (sur Don’t Run And Hide, notamment).

Ane Brun adopte ici une approche assez minimaliste. Ses chansons sont finement arrangées, avec des touches subtiles de claviers ou de cordes, mais sans jamais voler la vedette à sa voix, qui demeure au centre de tout. Il y a à la fois quelque chose d’éthéré et de très contrôlé dans After the Great Storm. Beaucoup de pulsions retenues, aussi.

IMAGE FOURNIE PAR BALLOON BANGER RECORDINGS

After the Great Storm, d’Ane Brun

Et c’est ce qui finit par lasser. Ce souci de tout maîtriser donne finalement des chansons assez froides, bien que le propos soit intime et réflexif. Il y a bien des moments plus touchants (Feeling Like I Wanna Cry, sertie de percussions aux reflets métalliques) et bien des morceaux qui dégagent une lumière mystérieuse et inusitée. Rien par contre qui fasse fondre le frimas qui se pose sur cette quête de perfection.

Ane Brun publie un autre album à la fin du mois : How Beauty Holds the Hand of Sorrow. Peut-être s’y montrera-t-elle sous un autre visage.

> Regardez le vidéoclip de Don’t Run and Hide

★★★

Pop indie. After the Great Storm, d’Ane Brun, Balloon Banger Recordings.