Mesdames, chanson qui donne son nom au septième disque du slammeur Grand Corps Malade, se veut un hommage aux femmes. Une déclaration qu’il annonce comme une tentative de réparation face « au profond machisme de nos coutumes, de nos cultures », et il espère qu’est enfin arrivé un point de rupture.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Ce regard critique porté sur le monde et ce qu’il fait peser sur les femmes revient plus loin sur Pendant 24 h, en tandem avec la rappeuse Suzane, où l’un et l’autre s’imaginent dans la peau du sexe opposé pendant une journée. Sous ses dehors comiques, la chanson parle surtout d’inégalités et de harcèlement. Mesdames n’est pas, cependant, l’album « féministe » annoncé.

Extrait de Pendant 24 h, de Grand Corps Malade et Suzane

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Grand Corps Malade a surtout choisi d’incarner son hommage en faisant de chaque chanson un duo : Laura Smet, Louane et Véronique Sanson en sont. Tout comme Camille Lellouche, sur Mais je t’aime, chanson mi-amère sur les feux de l’amour qui brûle autant qu’il allume de lueurs dans les yeux. C’est un album de tendresse, pas de critique ou de revendication.

L’accompagnement musical est souvent minimal. Du piano, souvent, des boucles rythmiques, de discrètes nappes de claviers. Ça bouge rarement sur ce plan, c’est le texte qui doit claquer. Et on sait de quoi Grand Corps Malade est capable : il a le regard perçant et la plume habile, même si on le sent ici et là empêtré dans les bons sentiments.

IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUE

Mesdames, de Grand Corps Malade

Confinés, qui revient sur l’enfermement qu’on a tous dû vivre au printemps, raconte avec humour et justesse le point de vue des parents et des ados (« Je n’ai pas envie d’une maison prison », dit la jeune fille qui accompagne le slammeur). Là, comme ailleurs, même si l’urgence de Mid20 n’est plus, Grand Corps Malade montre qu’il manie encore la rime avec esprit et cœur.

★★★

Grand Corps Malade. Mesdames. Anouche Productions/Caroline.