Les mélomanes qui ont manqué les grands festivals de musique cet été à Montréal ont enfin de quoi se mettre sous la dent. Du 23 au 27 septembre, POP Montréal présentera des spectacles au Rialto, au Ministère et à Ursa, l’espace de Martha Wainwright. « Nous sommes excités, mais un peu nerveux », confie le directeur du festival, Daniel Seligman.

Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

Parmi les têtes d’affiche, citons la Torontoise d’origine colombienne Lido Pimienta, lauréate du prix Polaris, et la rappeuse montréalaise Backxwash, l’un des phénomènes musicaux de l’année au Québec. Sans compter Flore Laurentienne (magnifique projet instrumental de Mathieu David Gagnon) et le ténébreux auteur-compositeur-interprète Antoine Corriveau.

Malgré son volet vivant, le festival aura néanmoins lieu dans une formule hybride avec une partie de sa programmation qui sera numérique.

Quant aux spectacles vivants, ils seront en mode « assis et distancié » et ils ne dureront que 30 minutes. Outre les artistes nommés ci-dessus, le public pourra voir des formations montréalaises de longue date, soit Plants & Animals, Land of Talk et Socalled.

Ce sera aussi l’occasion de faire des découvertes. À commencer par la rappeuse québécoise Tyleen, que Daniel Seligman compare à Cardi B. Elle a lancé au printemps dernier un premier EP intitulé Fanta$y.

Paradis Artificiel a aussi lancé un premier album tout récemment. Le trio, formé de Ouri, Victor Bongiovanni et Odile Myrtil, réinvente le genre shoegaze, « de la musique électro-techno ambiante et rêveuse. »

Daniel Seligman attire aussi notre attention sur la violoniste et pianiste Thanya Iyer, dont le deuxième – tout nouveau – album KIND s’est valu une note fort enviable sur le site de Pitchfork. Elle fusionne joliment et doucement jazz, folk et pop baroque.

En plus des spectacles annoncés, il y a des prestations tenues secrètes jusqu’à la dernière minute qui auront lieu sur des toits, dans des cours intérieures ou dans des lieux inattendus.

Les autres volets du festival auront aussi lieu en chair en os. L’exposition Art POP sera présentée au Rialto et le marché Puces POP se déploiera en plein air au parc Saint-Viateur. Quant aux conférences de POP Symposium, elles toucheront à des sujets d’actualité, dont l’équité et l’inclusion dans la musique indépendante. Fredy V animera une discussion sur le rôle du sport et du divertissement dans les droits civils de la communauté noire après la présentation d’un mini-documentaire sur l’histoire de l’académie de basketball du Dynastie Sports Institute, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

« POP Montréal est toujours très engagé envers sa communauté et envers ce qui tient à cœur aux artistes, souligne Daniel Seligman. La justice sociale a toujours été une chose importante pour nous. »

Lentement, mais sûrement

Avec POP Montréal, qui suivra le Festival de musique émergente — qui aura lieu pendant le week-end de la fête du Travail —, le calendrier musical retourne à un semblant de vie normale cet automne. Insistons sur le mot « semblant ».

Daniel Seligman a conçu la programmation de POP Montréal avec la possibilité qu’elle soit 100 % virtuelle. « Mais quand le gouvernement en a donné l’autorisation, nous sommes allés de l’avant avec des spectacles d’artistes locaux. »

Nous sommes loin des 300 artistes à l’affiche prévus au départ, mais Daniel Seligman se réjouit de pouvoir réunir des gens avec de la musique. « Par rapport à des gros festivals comme Osheaga ou le Festival de jazz, nous avons une formule qui peut s’adapter. »

« Il faut y aller tranquillement, dit-il. Vaut mieux faire moins de spectacles, mais les faire de façon sécuritaire. »

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