Depuis dix ans, elle brille à l’écran – le petit comme le grand. Mais pour la première fois de sa carrière, Karelle Tremblay a décidé de laisser tomber les fards et les costumes pour se mettre l’âme à nu dans un nouveau projet inattendu.

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

En effet, l’actrice de 24 ans sort ce lundi sa toute première chanson, intitulée Blender, pièce initiale d’un album solo qui devrait paraître cet automne. Et elle l’avoue sans hésiter : ce projet musical la ravit tout autant qu’il lui donne le vertige.

« Ce projet m’habite depuis très longtemps, mais en même temps, il me sort complètement de ma zone de confort. Je n’ai jamais suivi de cours de chant. Tout ce que j’ai à offrir, c’est moi… 100 % moi. Je n’ai jamais rien fait d’aussi personnel. »

Pour mettre de la musique sur ses mots, Karelle Tremblay a travaillé avec le musicien Jean-Philippe Levac, qui signe tous les arrangements. « C’est mon âme sœur musicale, mon allié. On a la même énergie par rapport à la musique. Il comprend ma vision et ma fragilité. » La chanson est aussi accompagnée d’un clip plein de tendresse et d’humour, signé Juliette Gosselin et Sophia Belahmer.

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Sonder son cœur

« J’ai commencé à travailler très jeune comme actrice », dit celle qu’on a vue notamment dans Les êtres chers, La disparition des lucioles ou encore dans Unité 9. « J’ai passé mon adolescence dans une stratosphère de casting et de tournage, et pendant longtemps, je n’ai pas su qui j’étais. La musique est un moyen pour moi de découvrir et de dire qui je suis vraiment, une façon de sonder ce qu’il y a dans mon cœur. »

Dans Blender, le cœur de Karelle Tremblay (qui signe ses chansons Karelle tout court) est en mille miettes, déchiqueté par un amour qui s’est étiolé jusqu’à disparaître.

La chanson, comme tout l’album, porte sur l’amour, qui est un sentiment complexe et important. Blender, c’est ce mélange d’émotions que je ressens parfois et que j’ai voulu transformer en quelque chose qui fait du bien.

Karelle Tremblay

Impossible toutefois de savoir si cette chanson est un peu, beaucoup ou passionnément autobiographique. Karelle Tremblay dira seulement que la Kathy qu’elle interpelle dans le refrain n’est autre que… Katy Perry ! « Cette chanson porte sur Katy Perry et sur ma grande allergie aux abeilles », lance-t-elle, sourire aux lèvres. Cette grande secrète n’en dira pas plus. Ceux qui y verront une allusion à Katherine Levac, avec qui elle a partagé la couverture du Elle Québec au début de l’année, sont libres de penser ce qui leur plaît, dit-elle. « Je n’ai pas de contrôle là-dessus ! »

Elle n’a pas de contrôle non plus – ni même d’attentes – sur la réception que le public fera à son album, très majoritairement écrit en langue anglaise. « Pour moi, l’anglais et le français sont deux matières différentes pour travailler, comme la gouache ou l’acrylique pour un peintre… Je veux écrire en français, mais pour l’instant, les mots viennent plus aisément en anglais. »

Qu’importe donc ce qu’on dira ou non. Elle a décidé de ne plus écouter ses peurs et de foncer. Pour elle. « Il fallait que j’aille au bout de ce projet ! Pendant longtemps, j’ai écrit des chansons, seule chez moi, et j’étais terrifiée à la seule idée de les chanter devant un ami. Puis j’ai décidé que je devais briser la glace… C’est une cassure violente, mais nécessaire. 

« La pause du confinement m’a aussi donné le temps et l’introspection dont j’avais besoin pour faire avancer le projet. Je ne pouvais pas rester à ne rien faire, j’ai eu besoin d’être dans l’action. C’est affreux à dire, parce que des gens meurent, mais sans la pandémie, la chanson n’existerait pas. »

Reste une grande question à laquelle elle refuse pour l’instant de penser : l’éventualité d’un spectacle sur scène. « Je suis quelqu’un de timide dans la vie et je fige devant les foules. J’ai fait du théâtre cette année [dans Fleuve, au TNM], mais j’étais encore cachée derrière un rôle. Là, je devrais me présenter sur scène et dire : “Je suis Karelle, cinq pieds deux pouces, et je viens vous montrer ce qu’il y a dans mon cœur…” »