Dès la pièce d’ouverture instrumentale, on est transporté ailleurs. Dans un monde à la fois étrange et beau, propice aux remous intérieurs.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

L’album Notre-Dame-des-Sept-Douleurs s’ouvre et se clôt avec deux chansons-titres qui rappellent la municipalité insulaire, communément appelée L’Isle-Verte, dont le nom faisait peur à la jeune Klô Pelgag quand elle rentrait chez elle, plus loin sur la route 132, à Sainte-Anne-des-Monts.

Si l’autrice-compositrice-interprète retourne à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs dans son troisième album, c’est pour affronter ses démons.

IMAGE FOURNIE PAR SECRET CITY RECORDS

Pochette de l’album Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

Elle le fait magnifiquement, en poussant encore plus loin son talent pour les harmonies virevoltantes et enivrantes. Pour la toute première fois, Klô Pelgag signe les arrangements de plusieurs chansons (Rémora, La maison jaune). Elle en a confié d’autres au grand Owen Pallett (J’aurai les cheveux longs, Soleil).

C’est avec brio que des cordes plus classiques côtoient des arrangements électros, notamment sur la chanson Où vas-tu quand tu dors (dont la finale rappelle la chanson The Age of Adz de Sufjan Stevens). Il y a des mélodies qui collent à la peau, notamment celle d’À l’ombre des cyprès. Mélamine nous plonge dans une ambiance nocturne eighties. On entend même du Vangelis (BO de Blade Runner) dans la pièce instrumentale finale.

« Je voudrais être libre comme la violence », chante Klô Pelgag. Ses textes frappent l’imaginaire avec des interrogations-chocs. « Où vas-tu quand tu dors ? », lance-t-elle. « Si je meurs avant toi, pleureras-tu ? »

Depuis trois albums, Klô Pelgag a vraiment réussi à façonner un univers musical qui lui est propre. Elle a l’éloquence, l’excentricité et le mystère introverti d’une Diane Dufresne de son époque.

Extrait de J’aurai les cheveux longs

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★★★★

Chanson alternative. Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, de Klô Pelgag, Secret City Records.