L’anecdote est trop cute pour ne pas être répétée : APKÁ !, titre du nouvel album de CéU, est un mot inventé par son fiston de 1 an, qui le criait pour exprimer sa joie et sa satisfaction. On se doute que si l’artiste de São Paulo a emprunté ce mot d’enfant pour en faire le titre de son cinquième album, c’est pour exprimer un sentiment de bonheur.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Une espèce de légèreté sur APKÁ !. Pas une joie de vivre franche et pétante – la saudade pointe ici et là —, mais une forme d’assurance mêlée de reconnaissance qui s’entend autant dans ces mélodies prenantes que dans ces musiques au groove habilement soupesé.

CéU en a fait du chemin, musicalement, depuis le disque qui l’a fait remarquer il y a 15 ans. Elle s’est affranchie de la samba et la MPB pour développer une pop qui, tout en devant beaucoup aux musiques électroniques (programmations, claviers et textures d’ambiance, etc.), demeure ancrée dans la chaleur des instruments acoustiques : guitares délicates, percussions diverses, basse engageante.

Extrait de Coreto

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On pourrait dire que l’autrice-compositrice-interprète trouve le juste point d’équilibre entre ses envies d’explorations électros et une approche plus « organique ». Ce serait juste, sauf si le mot « équilibre » est entendu comme un synonyme de tiédeur.

IMAGE TIRÉE DE L’INTERNET

Pochette de l’album APKÁ !

APKÁ ! s’avère au contraire un album aux rythmes doucement funky, à la fois passionné et réconfortant, que CéU fait vibrer avec finesse. Son chant, bien plus profond et habité qu’à ses débuts, caresse comme une bossa-nova sous laquelle on sent les braises du R & B.

★★★★

Pop. APKÁ !, de CéU, Six Degrees.