L’incertitude demeure quant à la tenue du festival POP Montréal l’automne prochain. Or, les organisateurs ont retroussé leurs manches et ont concocté un mini-festival de trois jours baptisé Funhouse — les 5, 6 et 7 juin — dans un Théâtre Rialto… virtuel.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Mode, arts visuels, musique, artisanat, cinéma, POP Montréal ratisse large. Funhouse aussi. Le mini-festival reprend tout ça et ajoute des ateliers (maquillage drag, poésie, beatmaking, etc.), des discussions sur divers sujets, dont « l’identité noire dans la création musicale » ou — ça tombe bien — les performances virtuelles.

Funhouse n’est pas une réaction à la crise de la COVID-19. L’équipe de POP Montréal travaillait déjà à sa mise sur pied lorsque le coronavirus a tout balayé. Sa transposition en « party numérique » tient du concours de circonstances, confirme Dan Seligman, directeur artistique de POP Montréal.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Dan Seligman, directeur artistique de POP Montréal

On voulait prendre d’assaut le Rialto, tout l’immeuble.

Dan Seligman, directeur artistique de POP Montréal

C’est encore l’idée, mais sur l’internet : la Funhouse, c’est donc un Rialto dont on visitera les différents espaces en cliquant sur les artistes ou les pratiques artistiques qui nous intéressent. Ou pour assister à des concerts en direct, mais sans public, dans une salle virtuelle dessinée par Dominique Pétrin, artiste visuelle autrefois active au sein du groupe Les Georges Leningrad.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

P’tit Belliveau sera du mini-festival Funhouse.

« Ce sera un mélange de live [au Rialto] et de performances préenregistrées, explique Dan Seligman. Leif Vollebeck sera live, comme Elizabeth Powell (Land Of Talk), TEKE TEKE et Yamantaka//Sonic Titan, qui va créer en direct une musique pour La nuit des morts-vivants, détaille Dan Seligman. Lydia Képinski va enregistrer quelque chose dans son studio. P’tit Belliveau aussi, ce sera préenregistré. »

La galerie d’art, le marché aux puces bien sûr et les expos consacrées à la mode auront déjà été mis en place, mais il y aura sans doute des entrevues en direct avec des artistes, des live sur Instagram ou YouTube. « Une fois que tout aura eu lieu, tout aura été enregistré et sera archivé sur le site, précise Dan Seligman. Alors, si on n’a pas pu voir quelque chose en direct, on pourra le voir comme ça. »

Funhouse tient aussi deux soirées dansantes… L’une sur Twitch (Samito, Boogieman et des DJ, le 5 juin) et l’autre sous la bannière du Club Quarantine avec Suzi Analogue, Tika et Hua Li. Ce club virtuel a été mis sur pied par des musiciens et DJ queer de Toronto qui y tiennent des soirées « assez folles » depuis le début du confinement. « C’est l’un des gros partys en ligne, en ce moment », selon Dan Seligman, qui a assisté à deux ou trois de ces fêtes par l’intermédiaire de Zoom.

Peu importe où se tiendra le concert, la soirée, la discussion ou la performance artistique, tout sera accessible dans le Théâtre Rialto virtuel. Pour s’y rendre, il suffira d’accéder au site de POP Montréal et de cliquer sur la sous-section Funhouse.

Pour la tenue de POP Montréal à l’automne, rien n’est encore confirmé. Les concerts d’artistes internationaux ont déjà été annulés. Dan Seligman prévoit que s’il est possible de tenir des concerts devant public, ce sera à petite échelle et que l’événement sera essentiellement local. Sinon, ce sera virtuel. « On va faire quelque chose, résume-t-il, mais on ne sait juste pas quoi et comment. »

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