En voilà un qu’on n’attendait pas. Sept ans après son précédent album solo, Maladie d’amour, et après en avoir fait trois avec son groupe Chocolat – dont le plus récent est sorti l’automne dernier –, voici le Jimmy Hunt nouveau avec un album-surprise aux ambiances crépusculaires et atmosphériques très à-propos en temps de pandémie.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Les 10 chansons de cet album d’à peine 25 minutes, concentré parfait d’émotions fortes et de musique évocatrice, sont toutes plus réussies les unes que les autres.

IMAGE FOURNIE PAR DARE TO CARE

Le silence, de Jimmy Hunt

Les textes sont tous très, très courts – la plupart des chansons ne tiennent qu’en un seul paragraphe, et la plus courte, La chute, véritable diamant brut, ne fait que deux phrases. Mais autour de ces paroles où pas un mot n’est inutile, Jimmy Hunt, qui assume aussi le rôle de réalisateur, a créé avec ses musiciens, Patrick Gosselin à la pedal steel (très présente et adéquate), Maxime Castellon à la basse, Benoit Parent aux claviers, José Major à la batterie et Mico Roy à la guitare, des univers musicaux très riches, qui décollent souvent des textes pour créer un film complètement différent.

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Pourtant, chaque élément est à sa place dans cette œuvre qui contient plusieurs couches de profondeur, où pointe parfois un peu d’ironie, mais dans laquelle l’auteur-compositeur a mis sa désinvolture de côté pour aller à l’essentiel.

Ainsi une chanson comme Ambulance, qui raconte en quatre petites lignes la mort de son père, est portée d’abord par le rythme entêtant de battements de cœur, avant de s’envoler dans un moment de grâce.

Rarement le deuil et le passage de la vie à la mort auront été exprimés avec autant de vérité, et cela, en exactement 2 min 22 s.

Le texte de la chanson-titre, tout aussi puissant, « Que l’hiver vienne/Couvrir les montagnes/D’une couche épaisse de blanc/Penser à rien/Le silence », est enrobé d’un arrangement à la Ennio Morricone qui vient faire un contrepoids parfait, mais aussi lui donner encore plus de force.

La voix de Jimmy Hunt a gardé cette espèce de fragilité troublante et se mêle à l’ensemble sans s’imposer. Le chanteur dit parfois les textes plus qu’il ne les chante, nous entraînant avec lui dans une introspection pleine de calme et de sérénité, grave, mais pourtant aérienne. Pour apprivoiser un peu l’immobilité, la solitude et le silence, voilà un excellent compagnon.

★★★★

Folk. Le silence, Jimmy Hunt, Dare to Care.