Nerveux, incandescent, éraillé, le rock des Strokes a été emballant pendant une demi-douzaine d’années, jusqu’à First Impressions of Earth. Depuis, le groupe de New York avance en zigzags et sort des disques en dents de scie.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Sur The New Abnormal, on reconnaît les sons typiques des guitares et de la basse des Strokes dès les premières mesures de The Adults Are Talking. Julian Casablancas chantonne doucement, jusqu’à reprendre la voix de fausset qu’il affectionne depuis l’album Angles.

Il retrouve un peu de son énergie sur la mélancolique Selfless et parfois aussi ce chant brisé, plaintif, qui a toujours donné du tonus au groupe (Bad Decisions). C’est surtout lui qui porte ce disque qui, musicalement, n’est pas toujours très convaincant…

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The New Abnormal, de The Strokes

The Strokes a levé le pied, mesure ses guitares et flirte encore bizarrement avec les claviers sur Brooklyn Bridge to Chorus (où une mélodie rappelle Beautiful Life d’Ace Of Base…) ou Eternal Summer (chanson de six minutes où Casablancas évoque parfois Roger Waters).

The Strokes se cherche, mais ne se trouve plus vraiment. Ces gars-là n’ont plus 20 ans et on ne peut pas leur reprocher de vouloir plus de profondeur et de renoncer au rock plus direct. Après tout, Arctic Monkeys a fait la même chose. Son Tranquility Base Hotel & Casino (2018) a par contre le panache qui manque à cet album poussif des Strokes.

★★½

Rock. The New Abnormal, The Strokes, RCA.