On ne peut pas mettre une étiquette sur la musique de Fwonte. Si on tient à jouer à ce jeu, il faut en mettre plusieurs : approche électro, rythmique inspirée du konpa haïtien, esthétique dépouillée appuyée sur la basse et les percussions.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Ces mots ne disent toutefois pas tout de cet univers musical qui évoque à la fois les nuits des Caraïbes et celles des capitales cosmopolites. Il se dégage des chansons de Fwonte — pseudonyme de Kerns Olibrice, originaire d’Haïti — une nervosité qui sent fort l’urgence. Une forte implication émotive aussi.

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IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Danse avec mes démons, de Fwonte

Danse avec mes démons, disque pour lequel il a collaboré avec DJ Champion, Murder He Wrote (d’Angleterre) et Kensaye (Américano-Haïtien né à Paris), porte une charge qu’il est facile de lier aux crises sociales qu’a encore traversées Haïti ces derniers mois (Problèm pap fini, par exemple). Ce qu’il invite à faire de manière plus légère et chaleureuse par moments, comme sur Pa kole, chanson qui ouvre le disque avec un riff de konpa à la guitare, ou l’emballante et assez pop Menm konba.

La réponse de Fwonte aux situations de crise est nette : la prendre au corps et danser pour exorciser ses démons. Ça marche aussi pour s’évader d’un monde en confinement.

★★★

Électro. Danse avec mes démons, Fwonte, Indépendant.