Se surpasser lorsque ce que l’on produit flirte déjà avec l’excellence représente un défi en soi. Childish Gambino n’a comme rival que le Childish Gambino des projets précédents.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Le funky Awaken, My Love ! (2016) est le genre d’album qui aurait pu clore en beauté le « chapitre Childish Gambino » de la carrière de ce doué touche-à-tout. D’ailleurs, Donald Glover avait laissé entendre qu’il en avait fini avec son génial alter ego. 

Est survenu entre-temps le super-succès This Is America, que nous n’avons plus à vanter. Et puis, finalement, il lui reste un (dernier ?) tour dans sa poche.

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3.15.20, de Childish Gambino

Il nous livre 3.15.20 sans prévenir, et le constat est clair : il l’a fait, il s’est surpassé. 3.15.20 est un amalgame réussi de pop, de R&B et de rap (dans sa première moitié), puis une fructueuse expérimentation (à partir de la survoltée 32.22, septième pièce du disque).

Après l’introduction, la chanson Algorythm, que Gambino présentait déjà en tournée, annonce la suite : le funk est de retour, mais bien plus discret, mêlé à une panoplie d’autres genres (rythmes africains, gospel, pop, hip-hop…) et à une sorte de chaos sonore organisé.

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Time, intéressante collaboration électro-gospel-soul-R&B avec Ariana Grande, est la seule autre chanson dont le nom n’est pas constitué de chiffres. Les 10 autres correspondent tout simplement au minutage de chaque piste. 

Le message est clair : cet album s’écoute comme un tout. Si ce n’est plus très à la mode, c’est dans l’ordre que le chanteur veut que l’on consomme 3.15.20 (titre qui correspond à la date de sortie initiale de l’album).

Le comédien-musicien a été ambitieux avec ce projet dont les couches sont multiples. Le risque de confusion, d’un trop-plein, est évident. Mais il a osé, comme il ose toujours, et ça lui rapporte.

★★★★

Hip-hop, pop-funk. 3.15.20, Childish Gambino, RCA.