On n’entre pas dans ce nouvel album de Tomás Jensen comme dans un univers uniforme et calibré. Le chanteur d’origine argentine, qui a bourlingué en France et au Brésil avant de s’installer à Montréal à la fin des années 90, continue de pratiquer le métissage culturel en se promenant entre les styles, de la chanson au flamenco, de la salsa au reggae, et entre les langues. Sur cet opus qui comporte pas moins de 18 titres — dont 5 courts intermèdes, ce qui fait quand même 13 chansons —, Tomás Jensen chante surtout en français, un peu en anglais et en espagnol.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Citoyen du monde qui a été un des premiers à faire de la musique world en français au Québec, et dont l’engagement peut faire penser à celui d’un Manu Chao, Tomás Jensen chante les peines d’amour et l’espoir, le désenchantement et la solidarité.

L’album s’ouvre et se ferme sur deux chansons assez classiques et personnelles, de la touchante Faits en verre, dans laquelle il souhaite une belle vie à sa fille, à Acapulco, une jolie déclaration d’amour. Entre les deux, l’auteur-compositeur-interprète passe par toutes sortes de chemins, une salsa (l’ironique Mundo Perfecto), des ondes Martenot (la poétique Allons à l’amer et Les sirènes), un fond de chant d’esclaves (la puissante Rain, pendant laquelle il répète les deux mêmes phrases), un étrange flamenco (Je chante pour ta mère), un reggae militant (Aujourd’hui). C’est tout un monde qu’il nous fait visiter dans cet album dont il signe tous les arrangements et une grande partie de la réalisation, et auquel ont collaboré, entre autres, Paul Cargnello et Némo Venba.

Extrait d’Aujourd’hui

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PHOTO FOURNIE PAR B-12

Les rêves sont faits, de Tomás Jensen

On l’aurait peut-être préféré moins éparpillé et moins dense, mais on ne peut qu’admirer sa constance et sa conviction, son désir de faire des chansons aussi divertissantes que significatives — et profiter de la douce chaleur de sa voix. 

★★★

Les rêves sont faits. Tomás Jensen. B-12.