Cela fait deux ans que l’album Cry Cry Cry a sonné le retour de Wolf Parade. Cry Cry Cry, ce cri d’urgence, de désespoir, devant un monde flirtant de trop près avec la perdition, un monde qui perdait ses grands hommes (Cohen, Bowie) et portait au pouvoir des personnages nuisibles.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Pour ne pas trop déroger à la thématique, Thin Mind dresse un portrait négatif de l’humanité à notre ère d’écrans et de réseaux sociaux. Un constat que certains titres accueillent tout de même avec une pointe de positif. 

Ce cinquième album, toujours lancé sous étiquette Sub Pop, donne sa place à l’habituel rock mélodique, qui valse ici avec le glam, le post-punk, mais aussi la synth-pop, récurrente, aux claviers omniprésents (Forest Green, Against the Day). Spencer Krug et Dan Boeckner ont bien fait. 

Extrait de Forest Green

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IMAGE FOURNIE PAR SUB POP

Pochette de l’album Thin Mind, de Wolf Parade

On n’atteint pas le niveau de l’album Apologies to the Queen Mary, paru il y a maintenant 15 ans, mais Wolf Parade accomplit de nouveau ce qu’il fait de mieux : amalgamer habilement ses belles paroles, ses voix enveloppantes, ses mélodies envoûtantes, comme hantées, ses guitares au trémolo percutant et ses rythmes francs. 

Toutefois, la production s’est épurée alors qu’on la voudrait encore volontairement brouillonne. Wolf Parade emprunte une voie plus pop que prog pour nous harnacher. 

Somme toute, c’est avec joie que l’on rencontre Thin Mind. Le groupe indie rock montréalais a cette aura qui ne le quitte pas, que l’on retrouve avec plaisir et dont on s’enveloppe.

★★★★

Rock, Thin Mind, Wolf Parade, Sub Pop.