Les 70 spectacles du cinquième Taverne Tour débutent ce jeudi dans quelque 20 lieux et bars inusités du Plateau Mont-Royal. Entrevue avec David Bujold du groupe Fuudge, qui lancera son deuxième album, Fruit-Dieu, samedi soir au Pub West Shefford. Dans « un esprit punk », promet-il.

Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

Nirvana, The Beatles, Queens of the Stone Age, Black Sabbath ou encore The Kinks.

Tous des groupes qu’affectionne David Bujold.

Pourquoi s’en cacherait-il dans ses propres chansons ?

« Mes influences sont grosses comme le bras. J’en suis plus que conscient. J’aime tellement ça, Nirvana », lance le cerveau musical du groupe Fuudge.

La mélomanie de David Bujold nourrit sa musique. Or, ses chansons sont en français, si bien que sa proposition est unique malgré ses références évidentes. « Il n’y a aucune chance que Fuudge vire en anglais », assure le Montréalais né dans Hochelaga-Maisonneuve.

Quand j’ai créé Fuudge, j’ai réfléchi à ce que je voulais faire. C’était de la musique psychédélique. Tame Impala venait de sortir un album. Je me suis dit : qu’est-ce que je fais pour rendre cela original ? Je vais marier le grunge et le psychédélique. Inévitablement, ç’a donné du stoner.

David Bujold

Même si David Bujold aimait le son des groupes à la Queens of the Stone Age, il ne savait pas vraiment ce qu’était le stoner. « Et j’ai appris que les pères du stoner sont Black Sabbath. »

Sur Fruit-Dieu, qui sort vendredi, David Bujold maintient Fuudge dans des eaux troubles, mais il s’adoucit par rapport aux Matricides, son premier album.

« Je suis content d’avoir fait un premier album qui bûche, souligne-t-il. C’était un album agressif et je n’avais pas envie de faire de compromis. 

« Mes deux premiers EP étaient plus accessibles, poursuit-il. C’était logique de revenir à quelque chose d’un peu plus dosé. »

David Bujold a un grand instinct mélodique. Résultat : même ses chansons les plus rentre-dedans sont digestes. « J’ai un côté pop que je ne peux pas renier. Cela donne des tounes un peu nirvanesques. »

Comment ça t’es là ? évoque en effet Something in the Way de Nirvana, mais aussi Elliott Smith. Fruit-Dieu est une sorte d’hommage à Abbey Road des Beatles. On pense à The Kinks sur Tu peux prendre mon âme. À Galaxie sur Mourir j’aime trop ça.

La chanson préférée de David Bujold sur son nouvel album ? Beurrée d’marde. « Elle est représentative de Fuudge, expose-t-il. Une intro psychédélique et planante et après, on détruit tout. Avec un solo de guitare en plus et une finale épique à la Genesis ! »

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« J’aime les mélanges. Et j’aime les tounes de paresseux à deux phrases. Elles sont significatives et éloquentes. »

David Bujold se plaît à écrire des paroles maléfiques et glauques avec des références bibliques et même de fin du monde ! « À quoi ça sert de faire des enfants pour finir par se faire dévorer ? », chante-t-il sur Enterré vivant.

Il est de son temps avec ses préoccupations environnementales. « Le ciel, la terre, dans les vidanges », crie-t-il.

Pas étonnant qu’il cite Black Sabbath…

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« Freak et sauvage »

Sur scène, David Bujold compte sur des musiciens fidèles, soit Olivier Laroche, Pierre Alexandre et Vincent LaBoissonnière. En studio, il préfère toutefois être seul. « Je suis reconnaissant envers les gars d’avoir quand même un sentiment d’appartenance. »

David Bujold se considère comme « un autodidacte », mais il a étudié la guitare jazz au cégep de Saint-Laurent. Tout ce qui est relatif au studio, il l’a appris par lui-même.

Il vit de sa musique depuis quelques années, aussi grâce à des contrats de mixage et de réalisation (Barrdo, Perséide, Garnotte, Les bouches bées).

Il a 39 ans, mais il parle de Fuudge avec les yeux brillants d’un petit gars fier de son coup.

Il y a de quoi.

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Stoner rock. Fruit-Dieu. Fuudge. Lazy At Work. Sortie vendredi.

Le Taverne Tour expliqué

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Bon enfant

Des têtes d’affiche connues

Comme Li’l Andy, Socalled, Mat Vezio, Pilou, les Breastfeeders, Yannick Rieu, Joseph Edgar, Bon enfant, Thus Owls, Deerhoof, The Sadies et Alaclair Ensemble

Des lancements d’albums 

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Loïc April

Des groupes Uubbuurruu, Beat Sexü, Les Martyrs de Marde, Loïc April, Cheshire Carr et Constellation Nightclub

Une sélection de formations féminines

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Mélanie Venditti

Sous le signe du rock (Meggie Lennon, Nobro, Pale Lips, Mélanie Venditti, Les Shirley et Petra Glynt), de l’électro (Maryze, Constance, Ice Cream, Blue Odeur) et même du jazz (Laura Anglade), sans compter DJ Yuki

De la visite de l’international

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Föllakzoid

Avec les formations Material Girls, Föllakzoid, WHOOP-Szo, New York Night Train, King Buffalo et Sessa

Deux spectacles gratuits ce jeudi

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Crabe

Avec Sessa (33 Tours) et Crabe (Prohibition)

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