Coldplay n’a jamais pu recréer d’album de la trempe des chefs-d’œuvre Parachutes et A Rush of Blood to the Head. Ses deux premiers essais ont maintenant bientôt 18 et 20 ans (!) et le groupe a pondu un paquet de chansons sublimes depuis.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Malgré tout, il semble toujours à la recherche de sa prochaine merveille. Un album excellent du début à la fin. Avec Everyday Life, son huitième, Chris Martin et sa troupe se rapprochent de la qualité de leurs plus beaux jours en changeant complètement de cap.

Ce nouvel album est scindé en deux parties, Sunset et Sunrise. Il est plus « expérimental », avait prévenu la formation. On sent la patte brute Coldplay, mais aussi des tentatives pour la plupart réussies sur un disque, en somme, plus ou moins cohérent. Sur Everyday Life, les Britanniques se sont libérés de l’emprise des synthétiseurs et des guitares électriques trop joyeuses des derniers albums.

À quel point cet album est-il expérimental ? Certainement pas de façon déstabilisante ou novatrice. Sur le titre Church, très Viva La Vida (l’album), les jolies intonations orientales de la guitare sont renforcées par l’apparition d’une voix féminine séraphique chantant en arabe. On flirte ailleurs avec les rythmes jazzy. Une chanson atmosphérique, Trouble In Town, vire au soft-prog. BrokEn, où un cœur gospel donne la réplique à Chris Martin, est un véritable hymne d’église. Des dialogues sont parfois enchâssés dans les mélodies.

IMAGE FOURNIE PAR WARNER MUSIC

Everyday Life, de Coldplay

Instrumentalement (et on compte la voix de Martin parmi les instruments), Everyday Life est épatant. Champion of the World est un entraînant hymne d’aréna, comme Coldplay sait si bien les composer. Sur Arabesque, le saxophone s’invite dans un savoureux solo ; la guitare acoustique franche s’impose sur Ékó ; le piano soul rétro résonne sur Cry Cry Cry. En début et en milieu d’écoute, des pièces toutes instrumentales magnifiques.

Si la tranquille mélancolie va bien à Coldplay, ce n’est pas l’évolution depuis sa période soft rock qui a fait mal à la formation britannique. Le succès commercial en témoigne. Et avec tout ce talent, chacun de ses albums offre au moins quelques excellents titres. Le génie de compositeur de Chris Martin ne lui a jamais vraiment fait défaut. Le manque de constance, toutefois, a pu être parfois décevant.

Aucune trace de chanson digne de Violet Hill, Clocks, Trouble, A Rush of Blood to the Head sur Everyday Life après quelques écoutes. Mais, en voulant s’aventurer ailleurs, en délaissant le trop accessible, Coldplay ne s’est pas trompé. 

★★★½

Pop rock. Everyday Life. Coldplay. Warner Music.

Écoutez l’album : https://coldplay.lnk.to/digiEverydayLife