(Londres) Le groupe britannique Coldplay a repoussé à plus tard la tournée de son nouvel album qui sort vendredi, afin qu’elle soit la plus « verte » possible, dernier geste en date dans une industrie musicale de plus en plus sensible à la protection de l’environnement.

Joe JACKSON
Agence France-Presse

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a salué avec enthousiasme cette décision, annoncée alors que le groupe célébrait la sortie de son huitième album — Everyday Life — avec deux concerts dans la capitale jordanienne, Amman.

Ces concerts, réalisés au lever et au coucher du soleil afin de refléter les deux faces de leur nouveau CD, ont été diffusés gratuitement sur YouTube.

« C’est fantastique de voir des artistes de renommée mondiale se mobiliser pour protéger la planète », a déclaré Gareth Redmond-King, responsable du changement climatique au WWF. « Nous avons tous la responsabilité de montrer l’exemple face à cette crise climatique et naturelle - on ne peut pas rester inactifs si nous voulons préserver notre planète pour les générations futures. »

Le chanteur de Coldplay, Chris Martin, a confié à la BBC que le groupe ne partirait pas avant de trouver un moyen de rendre leurs concerts plus respectueux de l’environnement.

Les associations écologiques soulignent l’impact important sur l’environnement de ces tournées, de la quantité d’électricité utilisée dans les stades aux déchets produits par les spectateurs.

Parmi les principaux problèmes identifiés par Coldplay, le nombre de vols et l’utilisation de produits comme des bouteilles d’eau en plastique.

« Le plus dur, ce sera l’avion », a concédé le chanteur, « mais notre rêve ça serait, par exemple, d’avoir une tournée sans plastique du tout et alimentée en grande partie par l’énergie solaire ».

Pour son album précédent, A Head Full of Dreams, le groupe avait donné 122 concerts à travers le monde entier, pour plus de 500 millions de dollars de recettes.

Chris Martin a expliqué que si son groupe reprenait la route, ils chercheraient à atteindre un bilan carbone neutre.

En attendant, ils donneront un concert lundi au Musée d’histoire naturelle de Londres, dont les bénéfices seront reversés à une association de protection de l’environnement.

Plus de pailles

Coldplay n’est pas le premier à tenter de répondre aux inquiétudes soulevées par la crise climatique. La star américaine Billie Eilish, 17 ans, chouchoute des adolescents, a expliqué le mois dernier qu’elle avait essayé de rendre sa tournée internationale « aussi verte que possible » avec l’aide d’un cabinet de conseil à but non lucratif.

La chanteuse a déclaré lors d’une émission de télévision qu’elle avait interdit les pailles en plastique et exhorté les fans à apporter leurs propres bouteilles d’eau réutilisables et à trier leurs déchets sur les sites des concerts.

Lors de sa prochaine tournée qui débutera en mars, chaque site comportera un « village écologique » où les spectateurs pourront se sensibiliser à ces questions, a-t-elle annoncé.

Le groupe britannique The 1975, qui a collaboré cette année avec la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, tente également d’organiser une tournée au bilan carbone neutre.

Le groupe s’est engagé en septembre à planter un arbre pour chaque billet vendu pour leur tournée au Royaume-Uni et en Irlande.

Au Royaume-Uni, les événements musicaux génèrent 405 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, selon Global Citizen, organisateur de festivals « zéro déchet ».

Près de 4 millions de personnes ont participé à des festivals au Royaume-Uni en 2016 selon UK Music, qui représente l’industrie.

Powerful Thinking, un cercle de réflexion sur l’industrie des festivals, estime que ces événements génèrent quelque 23 500 tonnes de déchets chaque année dans le pays.

Cela a poussé des dizaines de grands festivals britanniques à proposer des solutions allant de l’interdiction du plastique à usage unique à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Le festival de Glastonbury, qui a lieu chaque mois de juin sur une ferme laitière du sud-ouest de l’Angleterre, s’associe à des ONG telles que Greenpeace, Oxfam et WaterAid pour devenir plus respectueux de l’environnement. Les organisateurs ont même mis en place des toilettes dotées d’une technologie permettant de transformer l’urine des festivaliers en électricité.