On vous le dit une fois pour toutes : sous la bannière Flore Laurentienne, le compositeur et arrangeur Mathieu David Gagnon est le frangin de Klô Pelgag, à qui elle doit les musiques de chambre déjantées, assorties à sa dégaine.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Éduqué à l’écriture de la musique (Université de Montréal, Conservatoire d’Aubervilliers de Paris, Conservatoire de Bordeaux), il a mis beaucoup de soins, de rigueur et de passion à répertorier les pousses de sa Flore Laurentienne, pour ainsi proposer le premier volet d’une œuvre québécoise en continu.

Force est d’observer que les grandes musiques minimalistes d’Amérique ou postminimalistes d’Europe ont marqué le musicien québécois. On en perçoit les échos (Pärt, Gorecki, Vasks, Penderecki, Glass, Adams, etc.) dans les formes orchestrales ici suggérées sous sa direction (pour 16 instrumentistes, cordes et claviers), formes connues des férus de musique contemporaine, auxquelles il adjoint des motifs progs/électros aussi familiers pour les amateurs de synthés.

Dans ce contexte, l’intégration réussie des musiques électroniques aux instrumentales est l’élément le plus distinctif de cette œuvre encore jeune, tonale et consonante, tout à fait conforme au legs de J. S. Bach (génie préféré de M. D. Gagnon), et ce, malgré les procédés contemporains qui nous confirment l’année de sa sortie.

Voilà autant de raisons pour vous inviter à la contemplation de ces jeunes pousses.

★★★½

Contemporain, postminimaliste, électro. Flore Laurentienne Volume 1. Mathieu David Gagnon. Costume Records.

IMAGE FOURNIE PAR COSTUME RECORDS

Flore Laurentienne Volume 1, de Mathieu David Gagnon