Lorsqu’il nous a quittés prématurément en septembre 2018, les grandes années du grand Rachid Taha étaient derrière lui. Cet album posthume rappelle ainsi la dernière phase créative de son existence : du très bon châabi rock, du pas mal, parfois du moyen, assorti de guitares et d’instruments orientaux comme il se doit chez Taha.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Au chapitre du très moyen, il y a cette psalmodie de célébrités autour d’Andy Warhol (rebaptisé Waloo pour l’occasion), exercice suranné d’écriture chansonnière dont Rachid fait aussi un usage abusif sur la chanson titre de cet album. Il y a la réaliste Minouche, conte plutôt ordinaire de la vie ordinaire où le narrateur use de son charme pour se faire pardonner ses écarts de conduite conjugale. 

Dans le registre du pas mal du tout, il y a ce récit d’un stripteaseur dont on ne sait s’il s’effeuille pour ces dames ou encore pour mettre son âme à nu… « jusqu’au cœur ». 

IMAGE FOURNIE PAR NAÏVE

Je suis Africain, de Rachid Taha

Il y a aussi du très bon au programme, à commencer par Ansit, interprétée en arabe dialectal algérien, un grand cru à la sauce Taha, au confluent de l’Afrique du Nord et de l’Occident. Prenons également Wahdi, avec la participation de la douée Flèche Love, artiste amazigh en pleine ascension.

Conçues aux côtés de Toma Feterman, avec paroles françaises renforcées par Jean Fauque et Erwan Séguillon, ces chansons n’ont certes pas été recueillies dans les fonds de tiroirs ; on y observe un véritable effort de réalisation et d’arrangements.

Rock, châabi. Je suis Africain. Rachid Taha. Naïve. ★★★½

Écoutez l’album sur Deezer : https://www.deezer.com/fr/album/106718502