La mort n’a pas toujours le dernier mot. Surtout contre les poètes. Leonard Cohen publiera un ultime album élégamment intitulé Thanks For the Dance le 22 novembre, qu’on dit dans la continuité de You Want It Darker, paru trois semaines avant sa mort à l’automne 2016. Une première chanson, The Goal, est offerte depuis ce matin.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Thanks For the Dance n’est pas une collection de chansons trouvées dans des fonds de tiroirs, assure l’étiquette de disques Sony. Il rassemble en fait des morceaux qui étaient demeurés à l’étape d’ébauche, « parfois à peine plus que l’enregistrement de la voix », précise le communiqué, et qui ont été terminés par Adam, fils de Leonard, qui fut son proche collaborateur sur You Want It Darker.

Javier Mas, joueur de luth espagnol qui a accompagné Cohen sur scène au cours de ses dernières tournées, s’est rendu à Los Angeles où il a gratté la guitare du poète disparu. Jennifer Warnes, grande amie de Leonard, a aussi prêté sa voix au projet. Les autres collaborateurs sont plutôt des proches d’Adam, devine-t-on : Leslie Feist et Damian Rice au chant, Richard Reed Parry (d’Arcade Fire), à la basse), Bryce Dessner (de The National), à la guitare), Beck (guitare et guimbarde) et Patrick Watson, qui coréalise l’une des chansons.

The Goal, morceau d’à peine plus d’une minute, donne à entendre Leonard Cohen qui observe sa condition — il ne se déplaçait qu’avec difficulté, au terme de sa vie — et qui voit la fin venir, avec lucidité et aussi une espèce d’amusement désespéré. Les mots sont posés de cette voix grave qu’on connaît, habitée autant d’élégance que de fatigue. Un piano sobrement mélancolique ressort de la discrète musique glissée avec beaucoup de délicatesse sous la poésie sombre.

« Nous avons choisi les signatures sonores les plus caractéristiques de son œuvre, afin de raviver sa présence à nos côtés, précise Adam Cohen dans le communiqué diffusé par Sony. Ce qui me touche le plus de cet album est la réaction étonnante de ceux qui l’écoutent : “Leonard est toujours vivant !”, disent-ils, les uns après les autres. »