L’ADISQ dévoilait hier ses sélections en vue de son gala qui aura lieu à la fin du mois d’octobre. Les Louanges, Alexandra Stréliski, Alaclair Ensemble et Loud arrivent en tête des sélections, parmi lesquelles on retrouve de nombreuses premières.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Une entrée fracassante

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Les Louanges et Alexandra Stréliski

Pour leur première sélection à vie à l’ADISQ, Les Louanges et Alexandra Stréliski font une entrée fracassante : ils figurent non seulement comme révélation de l’année aux côtés de Lou-Adriane Cassidy, Jérôme 50 et Sarhamée, mais ce sont aussi eux qui arrivent en tête des sélections.

Le jeune prodige Les Louanges en récolte neuf, alors que la pianiste Alexandra Stréliski en a sept. Loud et Alaclair Ensemble suivent avec six sélections chacun, Cœur de pirate et Les Trois Accords avec cinq, et Ariane Moffatt en récolte quatre.

« C’est comme un ouragan, a admis hier Les Louanges, qui avait de la difficulté à assimiler l’ampleur de la chose — son premier disque, L’amour est une panthère, est sorti il y a à peine un an.

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Les Louanges (Vincent Roberge)

C’est une belle ride. Et ça donne envie de faire d’autres albums !

Les Louanges (Vincent Roberge)

L’instrumental à l’honneur

Alexandra Stéliski avait encore du mal à mettre des mots sur toutes ses émotions lorsque nous l’avons rencontrée. C’est qu’avec ses sept sélections, la compositrice dépasse largement le cadre de la musique instrumentale, se retrouvant entre autres dans la prestigieuse catégorie de l’auteure ou compositrice de l’année.

«Mon histoire, c’est aussi une histoire de résilience. J’ai dû affronter de grandes peurs pour faire ce métier, alors cette manière dont je suis accueillie me dépasse», dit la pianiste, qui avoue être plutôt introvertie mais s’habituer tranquillement au succès — son album INSCAPE, sorti il y a moins d’un an, s’est vendu à 40 000 exemplaires seulement au Canada.

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Alexandra Stréliski

J’attache ma tuque et j’avance. Mais j’essaie de garder les pieds sur terre en m’accrochant à ce que je fais, et ce que je fais, c’est de l’art.

Alexandra Stréliski

Du rap partout

Avec leurs six sélections, les trois représentants du groupe Alaclair Ensemble ne cachaient pas leur fierté. «Ce n’est pas négligeable, c’est un honneur, et ça prouve qu’on nage dans la bonne direction», disent les rappeurs, qui ont tous été très actifs de manière individuelle au cours de l’année, et qui n’excluent pas la sortie de nouveau matériel en tant qu’Alaclair Ensemble bientôt.

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Les trois représentants du groupe Alaclair Ensemble

Mais ils ne sont pas les seuls à figurer parmi les différentes catégories : Loud, FouKi, Souldia, Koriass et Sarahmée, entre autres, se retrouvent un peu partout. «C’est la preuve que la scène est en santé, et Alaclair est plus que fier d’être à l’origine du renouveau depuis 2010 ! Ces nominations font chaud au cœur, parce que c’est la preuve qu’on n’est pas les seuls à tripper. L’industrie et le public aussi.»

Place aux femmes

Salomé Leclerc s’en venait au Club Soda pour le dévoilement des sélections en ne sachant pas ce qui l’attendait. «Quand on nous appelle, on sait qu’on a au moins une nomination. Je me disais que je serais dans la catégorie vidéoclip de l’année, genre…»

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Salomé Leclerc

Mais non, l’auteure-compositrice-interprète en a récolté six, dont celle du Choix de la critique (avec Alaclair Ensemble, FouKi, Les Louanges, Les Trois Accords et Alexandra Stréliski), mais surtout celles de l’auteure ou compositrice et de la réalisation de disque, des catégories où on retrouve en général très peu de femmes.

Je suis très touchée par ces deux nominations. C’est émotif, je me suis beaucoup donnée pour faire ce disque, je suis passée à travers, et c’est un beau cadeau.

Salomé Leclerc

Elle remarque aussi que deux autres femmes figurent dans la catégorie auteur-compositeur, Ariane Moffatt et Alexandra Stréliski, en plus de Koriass et Les Louanges. «On est rendus là. Il s’est tellement produit de beaux disques de femmes cette année.»

Voix autochtone

Pour la première fois de son histoire, l’ADISQ remettra un prix à l’artiste autochtone de l’année. Elisapie fait partie des finalistes, aux côtés de Maten, Matiu, Shauit et Florent Vollant.

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Elisapie Isaac

«Je crois qu’il était temps qu’on reconnaisse notre place, mais il me semble qu’on peut toujours faire plus pour l’inclusion des autochtones dans toutes les catégories.» C’est son cas par ailleurs, puisqu’elle récolte cinq sélections pour son disque The Ballad of the Runaway Girl.

«Je suis particulièrement fière de ceux pour les arrangements et la coréalisation avec Joe Grass et Paul Evans, parce que ce disque, on l’a vraiment fait ensemble. Ça reconnaît le travail d’équipe.»

Elisapie se retrouve aussi dans la catégorie de l’artiste ayant le plus rayonné hors Québec aux côtés d’Hubert Lenoir, Cœur de pirate, Loud et Alexandra Stréliski.

Autres sélections

Deux des très beaux projets artistiques de l’année se démarquent aussi en matière de sélections : le solo L’origine de mes espèces, de Michel Rivard, avec six — dont le spectacle auteur-compositeur aux côtés de Dumas, Marc Dupré, Hubert Lenoir et Loud —, et le spectacle collectif en hommage à Pauline Julien, La Renarde, avec cinq.

Comme chaque année, le public pourra voter pour ses artistes préférés et la chanson de l’année, parmi lesquelles on retrouve Ouvre les yeux, Simon ! des Trois Accords, Dans la nuit de Cœur de pirate — avec Loud, qui est aussi nommé pour Fallait y aller –, Pitou des Louanges et Léo Gagné de 2Frères.

Marc Dupré, Éric Lapointe, Hubert Lenoir, Loud et Fred Pellerin se disputent les honneurs chez les hommes, alors que ce sont Cœur de pirate, Lara Fabian, Marie-Mai, Ariane Moffatt et Ginette Reno chez les femmes, et 2Frères, Alaclair Ensemble, Bleu Jeans Bleu, Les Cowboys Fringants et Les Trois Accords pour le groupe ou duo de l’année.

Toujours animé par Louis-José Houde, le Gala de l’ADISQ aura lieu le 27 octobre, alors que le Premier Gala, animé par Pierre Lapointe, se déroulera le 23 octobre.