Impossible de s’ennuyer pendant une entrevue avec Céline Dion, cette femme vive, un brin déjantée, surprenante et tout en émotions. Quand, en plus, elle nous donne rendez-vous dans un endroit top secret, nous savons que nous n’oublierons pas de sitôt ce tour de manège…

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Deux semaines avant la première mondiale de la nouvelle tournée, Courage, à Québec, une poignée de journalistes ont pris place autour d’une table pour une rencontre qui devait durer 25 minutes et qui en a finalement pris le double. Parce que Céline Dion a de la jasette.

Bien des rumeurs courent sur notre « Céline nationale ». À 51 ans, la fashionista défraie la chronique, notamment en se promenant au bras de son grand ami Pepe Muñoz, qui était d’ailleurs présent à la table ronde. Elle semble en outre si épanouie, si assumée, avec un côté je-m’en-foutiste assez prononcé.

« La maturité, c’est extraordinaire. Parce que tu oses, tu n’as rien à perdre. Moi, je n’ai rien à perdre, je n’ai rien à prouver », a-t-elle affirmé lors de la table ronde qui a suivi la nôtre et à laquelle était invitée notre collègue Chantal Guy.

La chanteuse constate bien que son bassin de fans a changé « depuis trois ans ». Il y en a qui s’ajoutent, il y en a qui partent. « Et pourquoi ? Est-ce que ce sont les robes ? Est-ce que ce sont les chansons ? Est-ce que c’est mon attitude ? », dit Céline, qui n’a visiblement pas de réponse… ni, dirons-nous, l’air de s’en préoccuper.

Craint-elle que ses tenues vestimentaires prennent le dessus sur son nouveau matériel ?

« Oh, moi, ça ne me dérange pas, c’est quoi qui est en dessous ou par-dessus ! Ça, c’est comme un gâteau : tu mets du crémage en dessous, un gâteau blanc et une autre couche de crémage… », dit la chanteuse, tout en changeant de sujet sans même avoir terminé sa phrase. Cela arrivera régulièrement pendant l’entretien.

Céline, la boss ?

De crainte qu’elle se faufile, nous attaquons de front : « Céline, êtes-vous amoureuse ? Et là, ne me répondez pas : “Oui, je suis en amour avec la musique et mes enfants.” »

La vedette internationale éclate de rire et nous demande si elle est à un procès. Avec son charme et son franc-parler habituels, elle nous fait rapidement comprendre que ce n’est pas nous qui allons établir les règles du jeu.

Comme elle le dit : c’est elle, la boss.

Notre question trouvera comme réponse qu’elle est « toujours amoureuse » de son défunt mari, René Angélil, qui l’« habite ».

Y a-t-il une nouvelle Céline ? Non, dit-elle tout de go : « C’est la continuité d’un nouveau chapitre qui débute. »

L’artiste finit tout de même par admettre qu’elle s’implique davantage dans les décisions qui concernent sa carrière : « C’est ça, le grand changement. » À titre d’exemple, elle affirme qu’elle assiste à toutes les réunions et qu’elle y dit tout ce qui lui « passe par la tête », même si c’est « beaucoup farfelu ». « Qu’est-ce que j’ai à perdre ? »

Elle corrige ensuite le tir concernant son titre de « boss ». Il faut prendre ça au deuxième degré, puisque c’est un rôle qu’elle partage avec quelques membres de son équipe : « Je ne suis pas boss toute seule. Ça n’arriverait jamais ! Le show ne serait pas prêt, le stage ne serait pas monté, l’album serait prêt dans quatre ans… non, non. Ça n’arriverait jamais ! »

Je partirais pour… Québec !

« Team Céline », comme se proclame l’équipe sur les réseaux sociaux, est installée dans la ville de Québec depuis quelques semaines pour préparer le spectacle de la tournée Courage, sa première tournée mondiale sans René Angélil. Également sans les enfants, qui resteront à Las Vegas pendant que leur mère travaille, notamment pour poursuivre leur éducation à la maison.

Par contre, Nelson, Eddy et René-Charles sont au Québec en ce moment, où ils ont entre autres profité de la saison chaude pour faire « deux épluchettes de blé d’Inde » et voir la famille élargie.

Au passage, la chanteuse raconte que les jumeaux adorent les « sandwichs salade-tomates » et qu’ils « sortent avec des chaudières et récoltent l’eau » lorsqu’il pleut. « Nous avons un pays extraordinaire », conclut-elle.

Mais revenons au spectacle. Si le Centre Bell avait été libre plusieurs jours de suite, c’est ici qu’elle aurait répété et offert sa première mondiale, puisqu’elle aurait ainsi pu dormir chaque soir avec ses jumeaux (ils partagent encore le même lit). Mais l’amphithéâtre montréalais ne pouvait l’accueillir aussi longtemps, d’où le choix du Centre Vidéotron.

Son nouveau concert la verra interpréter trois ou quatre nouveautés, ainsi que plusieurs de ses grands succès. Et si l’on se fie à la dernière représentation de son spectacle en résidence à Las Vegas, Céline Dion sera en mode festif. Elle s’adressera bien sûr au public à plusieurs occasions, au grand dam de son équipe, qui lui murmure souvent dans son oreillette qu’elle parle trop, nous dit-elle.

Pourquoi le Québec ?

Soyons sincères : la chanteuse admirée par Adele, Drake, Katy Perry, Lady Gaga et tant d’autres n’a pas besoin de consacrer une journée à rencontrer tous les médias canadiens, et ce, avant ceux de l’étranger.

« À mon âge, je ne suis obligée à rien. Je le fais parce que j’ai envie de le faire et ça me fait tellement plaisir », dit la vedette de Charlemagne.

Avant de conclure avec le sourire : « Vous ne saviez pas que c’était du sirop d’érable qui coulait dans mes veines ? »

Au Centre Vidéotron (à Québec) les 18, 20 et 21 septembre ; au Centre Bell les 26, 27 et 30 septembre et les 1er, 4 et 5 octobre ; au Canadian Tire Centre (à Ottawa) les 15 et 16 octobre.

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