Obia le Chef n’est pas aussi médiatisé que certains collègues du label 7ième Ciel (FouKi, Alaclair Ensemble, Koriass), mais son rap profond, précis et fluide mérite une attention soutenue.

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

Plus street que ses compères susnommés, mais moins hermétique que sur ses livraisons précédentes, le rappeur d’origine haïtienne baisse la garde, admet erreurs et faiblesses sur un EP de six pièces, Zoklo.

« Silence de mime, ouais je vis avec, Charlie Chaplin canne et claquettes, je fume et je frime pour calmer la bête. »

Léger pas en avant du côté des beats aux affinités trap — outre certaines réserves pour Soussa, avec Tizzo —, étoffés par les prisés producteurs High Klassified, VNCE Carter (aussi à la réalisation), Major ou encore DoomX, concepteur de la très solide New Man, où intervient FouKi.

IMAGE FOURNIE PAR DISQUES 7IÈME CIEL

Zoklo, d’Obia le Chef

Léger pas de recul côté textes, qui nous paraissent moins incendiaires, quoique plus personnels, que sur le superbe Soufflette.

Il reste que le Chef dompte la langue et ses niveaux avec une rare efficacité mélodique. Merci à un rude camp d’entraînement nommé WordUP! Battles, duquel il continue habilement de s’émanciper au profit de l’art musical.

★★★½
Rap. Zoklo. Obia le Chef. Disques 7ième Ciel.