Gracieuse et généreuse, la douce Elisapie a présenté une heure de musique, mais également de réflexion. Le folk-rock (parfois tranquille et sensible, parfois explosif) de la native du Nunavik n’est pas tout ce qu’elle a offrir sur scène.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Au jour 2 du festival Mile-Ex End, Émilie Clepper, Elisapie, Natasha Kanapé-Fontaine, Les Cowboys Fringants et A Tribe Called Red ont permis une autre journée musicale réussie.

L’auteure-compositrice-interprète ponctue ses spectacles de messages politiques, dans ses chansons et ses déclarations. Elle ne manque pas l’occasion de raconter les heurts subis par les peuples autochtones au Canada. Les territoires et les femmes doivent être protégés, lance-t-elle. Les survivants des pensionnats, entendus.

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Elisapie

Elisapie, du haut de la scène Mile Ex érigée « sur un territoire ancien », nous parle et nous chante avec douceur l’importance du combat qu’elle porte.

Quand elle ne nous dit pas qu’il ne faut pas avoir « pitié », mais plutôt de faire preuve de « compréhension », elle chante avec justesse, en inuktitut, en français et en anglais des ballades et d’autres pièces plus rythmées. Son interaction avec le public se fait d’ailleurs également dans les trois langues. 

La foule, elle, charmée, lui répond par acclamation.

Les Cowboys Fringants

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Les Cowboys Fringants

Sur la même scène Mile Ex, la principale, trois heures après Elisapie, deux heures après l’excellent Daniel Lanois, c’est au tour des Cowboys Fringants.

La foule est fébrile. Un train passe, sur le chemin de fer à côté du viaduc. Puis, les Cowboys montent sur scène. La fête commence.

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Sur scène et sur le parterre, ça sautille dans tous les sens. Les rythmes des Cowboys Fringants ont cette qualité (entre plusieurs autres) qu’ils ne permettent aucun temps mort. C’est leur « premier show en carrière sous un viaduc », nous dit Karl Tremblay.

La foule galvanisée, conquise avant même que ne retentisse la première note, sait tous les mots. Le « vieux groupe des années 90 qui fait encore de la musique », comme le qualifie Tremblay, a la capacité de réunir des admirateurs de tous les âges et de les garder intéressés, même après 20 ans. Le party, ça ne se démode pas.

Le quatuor et leurs acolytes sont musicalement irréprochables. Ils ont surtout l’air d’avoir du plaisir comme s’ils jouaient pour la première fois lorsqu’ils entonnent des succès vieux de 10 ou 15 ans.

La folie s’empare de tous. Jérôme n’a plus de chemise. Un nez de clown sur le visage, il fait des chiens en ballons. Le drapeau du Québec flotte devant la scène. Une fillette fait du bodysurfing (oui, oui)...

Les airs que tous connaissent font crier le public et se succèdent dans un feu roulant. Une salve qui ne prendra fin qu’une heure quarante plus tard. Lorsque la dernière chanson arrive, des membres du public, dont beaucoup d’enfants, sont rendus sur la scène. Tout le monde chante en cœur Tant qu’on aura de l’amour. C’est brouillon, mais c’est génial.

On reprend alors notre souffle, grisés. Galaxie et A Tribe Called Red suivront. Et demain: suite et fin du volet musical du Mile-Ex End.