Il y a moins d’un mois, le rappeur d’Atlanta Gucci Mane a plusieurs fois lancé « Montréal » à la foule réunie… sur les plaines d’Abraham.

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

Sa prestation sur la scène de la Montagne, en début de soirée, était l’occasion pour le gangster repenti de retrouver ses repères. Allons-y cash : ce dernier mot semble être la principale motivation de Guwop, l’un des nombreux surnoms du ténor de la trap Radric Davis.

Estampé de son infusible cornet trois boules sur la joue droite et vêtu d’un sweater Chanel aux couleurs de l’unifolié, Mane s’est contenté du strict minimum : voix faible sous une présonorisation exagérée, énergie de convenance pour arpenter la scène et réputer machinalement ses mimiques, interactions réduites à quelques « It’s Gucci, bitch » et « Canada, bitch »…  

Les festivaliers, dont l’une moitié chantait les paroles par cœur et l’autre se foutait royalement du concert, ont récompensé davantage des bangers aux basses lourdes comme I Get The Bag, Freaky Girl et My Kitchen.

Sur Pillz, les images de billets verts et de drogues diverses qui défilaient derrière le DJ du rappeur ont fait place à des dessins animés semi-pornos. Une façon de nous rappeler que Gucci Mane a troqué les barres métalliques contre des « barres » de textes souvent crues, trempées dans une violence réelle.

Cette rédemption pourrait se transformer en énergie créatrice sur scène. Ce ne fut pas le cas.