Audacieuse, bizarre, caméléon : un abécédaire d’épithètes ne saurait suffire pour décrire Madame X, personnage défendu par la Madone sur son plus récent album, le 14e en près de 40 ans.

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

Les sons latins de Medellín, lente et sexy, avaient servi d’avertissement : Madonna irait ailleurs. Quelque part où l’on voudrait aller ? Plus oui que non.

On marche légèrement en retrait sur Dark Ballet, où un début typiquement « madonnesque » fait place à un superbe solo de piano, puis à une voix psychédélique en vocoder sur fond de Tchaïkovski.

Avant longtemps, la Madonna politique sonne la charge avec God Control, dénonciation des armes à feu aux accents ecclésiastiques.

Les violons funèbres se taisent au profit d’un beat dance assassin : on embarque. La chanteuse, qui a écumé les clubs de fado à Lisbonne, envoie une carte postale musicale avec Killers Who Are Partying, titre dégagé qui embrasse tous les engagements.

IMAGE FOURNIE PAR INTERSCOPE

Madame X, de Madonna

Notre pas ralentit. C’est ce genre de salsa incertaine pendant une petite heure.

Auto-Tune et vocoder abusifs, collaborations multiples — Swae Lee, Maluna, Quavo, Annita —, retrouvailles avec le producteur Mirwais, multiplication kafkaïenne des genres, prêchi-prêcha politique et écologiste, répulsifs radiophoniques, références abondantes : l’espace manque pour faire le tour, mais l’on vous suggère fortement de faire tourner ce disque courageux et imprévisible.

★★★½ POP. Madame X. Madonna. Interscope Records.