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Alain Lefèvre patron d'honneur du CMIM

Alain Lefèvre... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Alain Lefèvre

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

HELEN MOKA
La Presse canadienne
Montréal

À peine rentré au Québec depuis quelques jours, le pianiste Alain Lefèvre n'a pas le temps de se reposer puisque sa participation est attendue à divers événements mettant la musique classique à l'honneur, dont un qui lui tient à coeur dans « sa ville », à Montréal.

Pour une deuxième année de suite, Alain Lefèvre sera le patron d'honneur du Concours musical International de Montréal (CMIM) qui fait la promotion de la musique classique et de jeunes talents. Il a entamé l'aventure, il y a trois ans, lorsque le piano était à l'honneur de ce concours annuel, à titre de membre du jury.

Cette fois, c'est le violon qui sera sous les feux de la rampe. Pas moins de 24 participants âgés de 16 à 28 ans, provenant de différents pays, sont inscrits à ce concours.

En entrevue à La Presse canadienne, Alain Lefèvre souligne qu'il a lui-même participé à de nombreux concours de musique dans sa vie, probablement trop de l'aveu du pianiste qui compte à ce jour 48 albums depuis le début de sa carrière.

Il se dit toutefois impressionné par « l'intégrité du concours de Montréal » et par son système de pointage qu'il a qualifié « d'extrêmement honnête », mais ce qui l'anime le plus c'est de savoir « que le Concours musical International de Montréal permet à des jeunes de se faire entendre, d'avoir une plate-forme », selon ses propres mots.

La collaboration de l'artiste avec le CMIM est aussi sa façon de contribuer à faire rayonner la musique classique, qui à son avis n'a pas la place qu'elle mérite dans les grands médias.

« Tout le monde à peu près abandonne la musique classique. Qu'est-ce qui reste aux jeunes pour se faire connaître ? Ce sont les concours ! Alors, même si on n'est pas nécessairement un partisan des concours, on ne peut pas nier que pour les jeunes, c'est une chance extraordinaire ! » professe Alain Lefèvre emballé.

Une Canadienne, Melody Ye Yuan, a notamment réussi à se tailler une place parmi les concurrents à la suite du désistement de trois participants. Alain Lefèvre n'a pas eu l'occasion de l'entendre jouer, mais il est très heureux de la voir arriver.

« Elle aura le poids et les stress d'être là par le hasard, mais en même temps on pourrait avoir droit aux plus belles surprises. »

Quant aux désistements dans le milieu des concours musicaux, ça ne le surprend pas du tout. Le pianiste de renommée internationale explique que c'est fréquent en raison du niveau de stress élevé.

« C'est très, très dur et le concours de Montréal est de très haut niveau. On ne le réalise pas, mais ces jeunes arrivent sur scène avec le poids de toute leur vie de travail ! Moi, j'ai beaucoup d'émotions à la veille de ce concours. Pour ceux qui auront la chance d'y assister devant un public de plus en plus nombreux, c'est un événement qui change une vie. Ça devient un incontournable à Montréal. »

L'événement prendra son envol lundi avec le volet junior « Mini Violini », où des enfants de 10 à 14 ans du Canada, de la Chine, du Japon et de Singapour démontreront tout leur savoir-faire pendant deux jours, puis suivront les épreuves entre les plus vieux jusqu'à la grande finale du 5 juin. Le Canadien parmi ces « Mini Violini », Emrik Revermann, n'a que 10 ans.

« Les Mini Violini, c'est une idée de la directrice générale (Christiane LeBlanc) », souligne Alain Lefèvre qui y voit une idée géniale. Il souhaite d'ailleurs saisir l'occasion pour alléger la pression autour du concept de l'enfant prodige. Il explique qu'une telle pression peut être difficile à gérer pour les jeunes, surtout lors de leur passage à l'adolescence.

« Ce n'est nécessaire de dire aux jeunes ce qu'ils font de mal dans la vie. Il faut dire aux jeunes : voici ce que vous faites de bien ! »

Questionné à savoir si ce n'est pas son rôle de patron d'honneur d'être là justement pour inspirer les jeunes, Alain Lefèvre se fait plus nuancé.

« Je n'ai pas cette prétention, mais c'est à peu près ce que je voudrais faire. Oui, la vie qui les attend est difficile et il y a beaucoup de pièges, mais je veux leur dire également que c'est un beau métier. C'est un métier qui fait du bien à l'âme alors si ça peut faire du bien à certains jeunes alors ce sera mission accomplie. »




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