Le Gala de l’ADISQ, ce sont des prix, des discours (des courts, des longs, des très sérieux, des plus drôles), parfois des pleurs. C’est aussi un événement médiatique de grande ampleur à gérer derrière les rideaux. Tout juste remis de leurs émotions après avoir reçu un prix, les artistes sont appelés à s’adresser aux dizaines de journalistes, à prendre la pose, à répondre aux questions. La Presse vous emmène, en photos et en mots, dans les coulisses de l’ADISQ. 

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Après avoir gagné son premier Félix de la soirée, hier soir, suivi de son deuxième, Alexandra Stréliski a été amenée devant les journalistes pour la traditionnelle ronde d’entrevues et de séances photo. Tout le monde l’attendait. Certaines personnes pour la féliciter. Les journalistes, pour recueillir ses impressions. 

La réception de ses deux prix, en plus de sa performance avec Elisapie, l’a gardée occupée une bonne partie de la soirée. Elle est finalement arrivée en coulisses tout sourire, ses deux Félix sous les bras. 

« C’est lourd », a-t-elle dit, tout en prenant la pose devant la nuée de photographes. « Ça va te faire les muscles », lui a répondu la représentante de l’ADISQ qui l’escortait. Pour son premier passage à l’ADISQ, un passage des plus fructueux (trois prix au total), Alexandra Stréliski s’est complètement prêtée au jeu médiatique. Dans son ensemble noir orné d’or, elle a fait un sourire manifestement sincère en direction de tous les objectifs, chaque fois que son nom était crié. À gauche. Puis à droite. Ici, au centre ! 

Vent de fraîcheur

Plus tard, dans la salle de presse, la pianiste de 34 ans a pu un peu reprendre ses esprits. Elle est une des grandes gagnantes de cette soirée. C’est elle qui a récolté le plus de prix (ex æquo avec Les Louanges, trois Félix chacun). Mais elle a surtout brisé une convention non dite qui relayait la musique instrumentale à des catégories bien précises, mais jamais à celles d’auteur ou compositeur et de révélation. Pourtant, ce sont ces prix qu’elle a empochés hier – en plus de celui de l’album instrumental de l’année.

« Je n’en reviens pas, a-t-elle simplement lâché. Même demain matin, je ne m’en rendrai pas compte. » De son propre aveu, Alexandra Stréliski venait à l’ADISQ pour « regarder ». « Ça m’a beaucoup surprise [de l’emporter], a ajouté la musicienne. Je suis seulement la cinquième femme à gagner. Et avec un album instrumental. Je pense que ça fait preuve d’ouverture. »

Sent-elle que cela va changer les choses pour la musique instrumentale et les musiciens comme elle ? « Pour moi, le néo-classique est le nouveau hip-hop. Watch out ! »

Juste à côté, une autre artiste féminine se prêtait au même jeu de questions/réponses avec les médias. Elle, par contre, a un peu plus d’expérience en la matière. Cœur de pirate, en 11 ans de carrière, en est à son deuxième Félix d’interprète féminine de l’année. Son septième prix de l’ADISQ en carrière. Son discours de remerciement était empli d’émotions. Elle ne semblait vraiment pas s’attendre à monter sur scène à l’annonce de la gagnante. Et pourtant…

« Je me demandais même si j’étais à la bonne place, si c’était vrai », a-t-elle raconté en salle de presse. Ce prix, c’est une confirmation qu’elle peut continuer. Ce prix, il lui fait du bien.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Cœur de pirate

J’ai eu beaucoup de doutes, ces dernières années. Je me disais que, éventuellement, plus personne ne va vouloir écouter ce que je fais.

Cœur de pirate

Sobre ou hyperactif

Le bouleversement encore présent dans la voix et dans le regard, Béatrice (son vrai prénom) s’est promenée de micro en micro, son précieux Félix dans une main.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Florent Vollant

Avant Cœur de pirate et avant Alexandra Stréliski, en tout début de soirée, Ginette Reno, Alaclair Ensemble, Florent Vollant, Fred Pellerin, Michel Rivard, Bleu Jeans Bleu et Roxane Bruneau ont tous parcouru le même trajet.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Fred Pellerin

Certains en toute sobriété. D’autres, comme Alaclair Ensemble, en déplaçant le plus d’air possible. Les gagnants de l’album rap de l’année, accompagnés de leurs copines et de leur entourage, semblaient dans leur propre bulle. Quand les photographes ont rivé leurs appareils vers eux, ils n’ont pu prendre la pose sérieusement qu’une fraction de seconde, avant de se mettre à danser, à faire des blagues. Pour faire rire l’audience, mais surtout, pour se faire rire entre eux. C’est aussi ça, le Gala de l’ADISQ : un peu de folie, que tout le monde apprécie.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Alaclair Ensemble

En toute fin de soirée, Louis-José Houde, le dernier à avoir fait la ronde d’entrevues, se fait finalement escorter jusqu’à sa loge. À la Place des Arts, les techniciens commencent le démontage de la salle de presse. On décolle le tapis rouge du sol, on démantèle la scène et on décroche les affiches. Une autre soirée de l’ADISQ (la 41e) se termine.