Animé par Louis-José Houde, le 41e Gala de l’ADISQ se déroulait hier soir à la salle Wilfrid-Pelletier. Douze prix, dont la moitié sont allés à des femmes, ont été remis lors de cette soirée pleine de surprises, qui a fait une large part à de nouveaux visages, mais aussi récompensé des vétérans.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

Cœur de pirate et Loud

Cœur de pirate a fait un grand retour hier soir à l’ADISQ avec deux prix. D’abord celui de l’album pop pour son petit bijou En cas de pluie, ce jardin sera fermé, qu’elle est allée chercher avec beaucoup d’émotion. « C’est un album important parce que le public s’y est retrouvé. » Puis elle a reçu en fin de soirée le Félix de l’interprète féminine – prix qu’elle avait déjà remporté en 2012. « Je ne comprends pas ce qui se passe ! Je suis fan de celles qui étaient en nomination [Ariane Moffatt, Marie-Mai, Ginette Reno et Lara Fabian]. Je suis surtout contente d’être encore là. » Quant à Loud, après avoir été le premier rappeur québécois à se produire sur la scène du Centre Bell, il est maintenant le premier rappeur à avoir reçu le prix de l’interprète masculin. Il était nommé aux côtés de Marc Dupré, Hubert Lenoir, Fred Pellerin et Éric Lapointe.

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Loud

Une entrée fracassante

La pianiste et compositrice néo-classique Alexandra Stréliski, dont c’étaient les premières sélections à l’ADISQ, a remporté deux statuettes pour son premier album Inscape. D’abord celui de la révélation de l’année, où elle était en lice avec Les Louanges, Sarahmée, Jérôme 50 et Lou-Adriane Cassidy. « Il ne faut pas sous-estimer la force de la douceur », a-t-elle dit, surprise. Son étonnement a été complet lorsqu’elle a reçu plus tard le prix de l’auteure ou compositrice devant Les Louanges, Ariane Moffatt, Salomé Leclerc et Koriass. « Je le partage avec eux », a-t-elle dit, expliquant comment elle est partie de loin pour arriver à cet album. « Je veux dire à ceux pour qui ça va mal que le brouillard peut se dissiper. » Alexandra Stréliski devient la cinquième femme à remporter le plus prestigieux des trophées de l’ADISQ. C’est aussi la première fois qu’il est remporté pour de la musique instrumentale.

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Alexandra Stréliski

Les vétérans

En remportant un prix dans la catégorie Adulte contemporain pour À jamais, Ginette Reno a ajouté un 18e Félix à sa collection – elle avait reçu ses deux premiers en 1980. « Je suis très émue, je me sens comme une petite fille », a dit la chanteuse, remerciant l’auteure de Je ne suis qu’une chanson, la chanson qui lui a « sauvé la vie », Diane Juster. Autre vieux routier de l’ADISQ, Michel Rivard a été récompensé, pour la 13e fois de sa carrière, pour son très beau spectacle L’origine de mes espèces. « J’ai mis 67 ans à l’écrire », a-t-il dit, remerciant ses parents pour le scénario qu’ils ont fait pour lui sans le savoir. Fred Pellerin, un habitué du gala autant pour ses albums que pour ses spectacles, a remporté quant à lui un prix dans la catégorie de l’album folk pour son disque Après.

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Ginette Reno

Les nouveaux venus

Surprise du côté du groupe de l’année : c’est Bleu Jeans Bleu, assurément porté par son tube Coton ouaté  que la foule a spontanément chanté pendant que les membres se dirigeaient vers la scène , qui l’a remporté devant Alaclair Ensemble (récompensé par ailleurs pour l’album rap) et des habitués de cette catégorie, soit 2Frères, Les Cowboys Fringants et Les Trois Accords. « Pour certains, on a l’air sortis de nulle part, mais ça fait six ans qu’on fait ça. C’est le fun de sentir qu’on a notre place. » Et c’est Des p’tits bouts de toi de Roxane Bruneau qui a été sacrée chanson de l’année – un premier Félix pour la jeune auteure-compositrice-interprète, qui était en lice dans la catégorie Révélation l’an dernier. « Je vous avais promis il y a cinq ans que je sortirais de vos petits écrans d’ordis pour aller dans vos gros écrans de télé », a-t-elle dit en s’adressant à ses fans.

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Bleu Jeans Bleu

Artiste autochtone

Remis pour la première fois, le prix de l’artiste autochtone est allé à Florent Vollant, qui a lancé l’automne dernier le très beau disque Mishta Mashkenu. Le vétéran chanteur n’avait remporté que deux autres Félix dans sa vie, en 1990 avec le groupe Kashtin. Le chanteur innu est allé chercher son prix des mains de l’auteure Joséphine Bacon. « En ce moment historique, nous sommes tous des gagnants », a-t-il dit aux autres artistes en lice avec lui, qu’il avait emmenés sur scène : Elisapie – qui venait de livrer une prestation très incarnée –, Matiu, Maten et Shauit. « Merci pour cette place. Je veux dire que nous ne sommes pas ici parce que nous sommes autochtones, mais parce qu’on est bons. »

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Florent Vollant