La rencontre musicale des quêtes amoureuses et politiques s’avère souvent heureuse. Brittany Howard, épicentre des projets rock Alabama Shakes et Thunderbitch, le prouve magnifiquement avec Jaime, une première exploration solo titrée en hommage à sa grande sœur, morte d’un cancer de la rétine à 13 ans.

Charles-Éric Blais-Poulin
Charles-Éric Blais-Poulin La Presse

Fruit d’une solide introspection, la musicienne d’Alabama se raconte d’abord par une voix poreuse, sublime de nuances et de soul. « I just want Georgia to notice me », chante-t-elle sur Georgia, déclaration queer qui cache un désir plus profond, éminemment politique.

Née d’une mère blanche et d’un père noir dans un État au lourd passé sudiste, Howard trace sa voie, avec l’aplomb d’une prédicatrice, au travers de sonorités complexes : soul d’abord, mais aussi rock, blues, R’n’B, roots, pop, gospel et même rap. Le tout criblé de guitares électriques, de bidouillages numériques et d’échantillons vocaux.

IMAGE FOURNIE PAR ATO RECORDS

Jaime, de Brittany Howard

L’album dure un peu plus d’une demi-heure, mais la magnifique conclusion Run to Me le réaffirme dans un écho d’outre-tombe : il renferme au moins une vie.

★★★★ Jaime. Brittany Howard. ATO Records.