Sauf exception, les nouvelles compositions de Rafael Zaldivar sont chargées d’une complexité structurelle sur tous les plans : harmonique, mélodique et rythmique, le tout pondéré par un souci d’évocation des musiques profanes ou sacrées de la culture afro-cubaine.

Alain Brunet
Alain Brunet La Presse

Plus précisément, cet album résulte d’un retour aux sources, soit une « consécration » de la main de l’orisha (esprit) Orula ; le compositeur s’est ainsi immergé dans les dimensions spirituelle, morale et cognitive inscrites dans l’imaginaire ancestral africain préservé à Cuba depuis l’esclavage.

On pense ici à la santeria, religion animiste et syncrétique, et à la rumba, fondement de la musique afro-cubaine. Zaldivar ne s’en tient cependant pas à l’évocation rigoureuse de son bagage ancestral ; il choisit plutôt d’immerger ce passé dans un flux de jazz contemporain.

C’est pourquoi il choisit une lutherie et une approche mixtes : percussions et chants traditionnels (Amado Dedeu, Amado Dedeu Garcias Jr., Eugenio Osorio, Michel Medrano), chant moderne (Mireille Boily), basse électrique (Rémi-Jean LeBlanc), contrebasse (David Gagné), sans compter son piano et ses multiples claviers.

En somme, très bel équilibre entre actualité et traditions.

★★★★ Jazz contemporain. Consecration. Rafael Zaldivar. Effendi.