Phénomène archipopulaire et clivant dans l’Hexagone, le duo PNL a une nouvelle fois «désorbité» la planète rap par la force d’un quatrième album, Deux frères.

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

C’est que les frérots Ademos et N.O.S., aussi jaloux de leur image que de leur indépendance, dérangent avec leurs pas-de-voix – merci Auto-Tune, vocodeur et autres tarabiscotages –, leur cloud rap tendance emo et leur antimarketing à faire rougir n’importe quel étudiant au MBA.

Sur ce présent effort, les ambassadeurs du Peace N’ Lovés («paix et argent» en argot) lâchent un peu les rues de la cité des Tarterets et leurs drogues pour toucher à l’universel, avec fragilité et humilité: «J’suis bon qu’à écrire des textes de merde», «Je chante pas, j’fais du PNL».

Avec un langage codé et de nombreuses références à la culture populaire (mangas, films d’animation, etc.), les frangins savent porter la plume dans la plaie: leur cœur fond souvent, dégouline parfois.

On connaissait déjà l’intense À l’ammoniaque et ses guitares ibériques ; on assiste à une mise à nu conséquente au fil de l’album (Deux frères, Kuta Ubud, La misère est si belle), sur des beats électroniques en dents de scie.

À l’image de l’affreuse pochette, la musique de robot de PNL nous obnubile autant qu’elle nous repousse. Entre les deux camps, notre cœur balance…

* * * Rap. Deux frères. PNL. QLF Records (Indépendant).