Chaque semaine, un musicien parle des chansons qui ont bercé sa vie. Aujourd'hui : Jordan Officer.

Publié le 28 juill. 2018
Stéphanie Vallet LA PRESSE

La chanson que vous avez hâte d'interpréter en spectacle en ce moment ?

Dream Of You And Me

« C'est une chanson du nouvel album. J'ai toujours hâte de la jouer, car c'est un beau rythme qui met vraiment en valeur les musiciens avec qui je joue. C'est un moment groovy et dansant, mais aussi très doux. Je peux prendre mon temps dans les solos, à la guitare et au lap-steel, un élément nouveau dans le spectacle, d'ailleurs. Ça amène une autre voix, plus gospel, avec de longues notes et du vibrato. Cette chanson représente vraiment bien l'univers du nouvel album. On y chante des harmonies tous ensemble, c'est toujours un très beau moment du spectacle. »

Votre solo de guitare préféré ?

Swing To Bop, de Charlie Christian

« C'est une chanson de Charlie Christian. Il a été le premier guitariste électrique de jazz et a créé l'approche moderne. Avant lui, on jouait plus acoustique, seulement des accords. La guitare était un accompagnement dans les big bands. Avec l'arrivée de l'ampli dans les années 30, il a commencé à faire des solos, une note à la fois. La guitare avait une voix principale, comme un cuivre. Charlie Christian a influencé tout le monde, jusqu'à Chuck Berry. Il n'existe que des enregistrements live de sa musique. Je me souviens d'avoir fait des nuits blanches à l'Université McGill en jazz pour retranscrire ce solo. Il me suit et m'inspire depuis le début de ma carrière. »

La première chanson que vous avez appris à jouer à la guitare ?

Whole Lotta Love, de Led Zeppelin

« Je jouais d'autres instruments avant d'apprendre la guitare : violon, cornemuse, batterie. J'en ai trouvé une à la maison et je me suis dit que je devrais essayer. J'ai découvert Led Zeppelin en même temps. Quand j'ai fouillé un peu dans leurs influences je me suis rendu compte que le blues tenait une part importante et j'ai commencé à adorer ça. »

Votre chanson de Susie Arioli préférée ?

Husbands And Wives, de Roger Miller par Susie Arioli

« Un moment très spécial avec Susie a été l'enregistrement de l'album Learn To Smile Again qui était un hommage à Roger Miller. J'avais un studio dans le Plateau à l'époque et j'avais conçu tout l'album seul. J'avais enregistré sur un petit huit pistes tous les instruments et chanté ce qui devait être la voix de Susie. On est entré en studio ensuite pour créer l'album. Il y a cette chanson, Husbands And Wives que je trouve tellement belle. Il y avait quelque chose de magique quand on la faisait en scène. »

La chanson qui vous rappelle le plus votre enfance ?

Graceland, de Paul Simon

« J'avais la cassette de cet album de Paul Simon et on l'écoutait beaucoup dans les road trips à la campagne. La chanson Graceland me touche particulièrement, avec l'histoire de Paul Simon qui parle avec son fils et qui veut voir Graceland, le Mississippi, etc. Ça évoque un monde mystérieux pour moi. J'étais allé avec mon père au Forum voir Paul Simon pendant cette tournée avec tous ses incroyables musiciens d'Afrique du Sud. C'est un souvenir assez incroyable pour moi. »

La chanson qui vous a le plus donné de fil à retordre dans votre carrière d'un point de vue technique ?

Hide Away, de Freddy King

« Lors de la tournée d'I'm Free, j'avais décidé dans la seconde partie du spectacle de rendre hommage à des succès instrumentaux. En général, ce sont des mélodies simples, mais j'ai été impressionné par le fait que ça soit si difficile. Tu peux apprendre Hide Away de Freddy King en quelques heures. Mais comprendre l'intention avec laquelle jouer, la force de jouer une mélodie simple pour qu'elle soit convaincante, c'est tout un défi ! »