Chaque semaine, un musicien parle des chansons qui ont bercé sa vie. Aujourd'hui: Steve Hill.

Josée Lapointe LA PRESSE

Le guitariste virtuose Steve Hill a lancé au printemps dernier le disque live The One-Man Blues Rock Band, enregistré au Centre d'art La Chapelle, à Québec. Le bluesman, qui compte 25 ans de carrière au compteur, fait depuis une tournée solo qui l'emmène aux quatre coins du Québec (il fait partie de la tournée du ROSEC) et du Canada.

Un artiste qui vous impressionne sur scène?

Les Rolling Stones (notre extrait: Midnight Rambler)

J'ai dû voir les Stones au moins 10 fois. J'ai vu tous leurs shows à Montréal depuis 1993. Encore au début de l'été, je suis allé les voir à Londres, et c'est probablement le meilleur show que j'ai vu d'eux! Mick Jagger est au sommet de sa forme. C'est un exemple incroyable. Quand ils ont fait la tournée Steel Wheels en 1989, il avait l'âge que j'ai maintenant, et on se demandait: peut-on encore faire du rock à 40 ans? Là, il vient d'avoir 75 ans, il est meilleur que jamais, ça donne de l'espoir!

La chanson que vous rechantez à chaque tournée?

Gotta Be Strong

Je ne fais pas les chansons de mes premiers albums. Cela dit, Gotta Be Strong, que j'ai enregistrée il y a 10 ans, me représente bien. Elle est toujours d'actualité, bien malgré moi: c'est encore tough, il faut encore que je ne lâche pas! Puis il y a Voodoo Child de Hendrix. C'est une des premières tounes que j'ai apprises à la guitare. Ça fait sept ans que je la fais en rappel de tous mes shows, et j'ai encore du plaisir à la jouer. C'est un véhicule pour l'impro, tu ne sais jamais ce qui va se passer, tu peux prendre des libertés.

Une chanson qui vous émeut chaque fois?

Here Comes My Girl de Tom Petty

Elle est très bien écrite. Une bonne chanson, c'est quand la musique dit exactement la même chose que le texte. C'est très difficile à faire. Dans cette chanson, il y a de la tension dans les couplets, et puis le refrain arrive, ça change de tonalité, t'as juste un accord majeur qui dit: «Here comes my girl». C'est très simple, comme les chansons de Petty le sont toujours. Mais ça le fait tellement chaque fois! Tu ressens quelque chose émotionnellement, sans que ce soit de la tristesse, c'est juste super profond.

Une chanson qui vous rappelle votre enfance?

Turn to Stone d'Electric Light Orchestra

Mais ça pourrait être n'importe quoi de ELO, qui était le groupe préféré de mon père. Mes premiers souvenirs musicaux à la fin des années 70, c'est ça. Ils avaient des pochettes fantastiques, et je demandais à mon père de mettre les disques. Aujourd'hui, quand j'entends ça, je me sens exactement comme quand j'avais 4 ou 5 ans. C'est ça, le pouvoir de la musique: tu peux faire des voyages dans le temps instantanés. J'entends une chanson, je me souviens de l'odeur de la maison, des couleurs sur les murs. C'est très fort.

Votre solo de guitare préféré?

All Along the Watchtower de Jimi Hendrix

C'est une des rares reprises qui sont meilleures que l'originale. Dylan a toujours dit que la version d'Hendrix était meilleure. C'est un solo qui raconte une histoire, qui est en sections. Ce n'est pas un solo improvisé, Hendrix le refaisait note pour note. C'est comme trois solos un après l'autre, une suite, c'est grandiose. Parfait.

Un plaisir coupable?

Private Eyes de Hall & Oates

J'ai plusieurs plaisirs coupables, mais j'ai choisi Hall & Oates, même si ça ne devrait pas être un plaisir coupable. Ce sont de bonnes tounes, du bon pop/rythm and blues. Ce sont des gars de Philadelphie, le «philly soul» était leur influence et ils l'ont bien fait. Ce sont des chansons qui vieillissent très bien. J'aimais bien Hall & Oates quand j'étais jeune. C'est une des premières cassettes que j'ai achetées, et chaque fois que ça passe à la radio, que ce soit Private Eyes, Kiss on My Lips ou Out of Touch, j'aime les écouter.