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Adam Cohen: le poids des nouvelles attentes

Adam Cohen a trouvé sa voix et sa place dans la lignée familiale avec l'album... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Adam Cohen a trouvé sa voix et sa place dans la lignée familiale avec l'album Like a Man. Son nouveau disque, We Go Home, moins dépouillé et plus diversifié, ne donne surtout pas l'impression d'avoir été conçu dans le doute. Et pourtant...

On vient à peine de s'asseoir à la table de cuisine de la maison paternelle, rue Vallières, qu'Adam Cohen crache le morceau: l'angoisse et le doute le tenaillaient au moment de créer son nouvel album. S'il fallait que ce disque ne ressemble pas assez à Like a Man pour satisfaire des attentes auxquelles Adam n'avait jamais eu à répondre auparavant?

Dans Like a Man, pour la première fois, Adam Cohen avait cessé de craindre de se faire dire qu'il ressemblait à son père. Son timbre de voix, son lexique, l'enrobage musical folk, tout cela ne mentait pas: nous avions bien affaire au fils de Leonard Cohen.

Une fois passé l'effet de surprise, ce très bel album lui a valu son premier disque d'or. Plus que n'importe quel endroit dans le monde, c'est le Québec francophone qui l'a adopté. En deux petites années, Adam Cohen est passé de la petite boîte de jazz Upstairs à la Maison symphonique en s'arrêtant en chemin au Club Soda, au Métropolis et au Monument-National.

Au fil de ces concerts, la musique dépouillée de Like a Man a gagné en richesse et en amplitude avec la complicité des musiciens Michael Chaves et Mai Bloomfield, remplacée récemment par Trish Robb.

Ce qu'on entend aujourd'hui sur We Go Home, qui paraîtra le 16 septembre, est le fruit de cette évolution: un disque plus dynamique sur lequel se côtoient des chansons servies par une guitare acoustique ou un piano et d'autres plus orchestrées ou carrément pop mais qui portent toutes la signature d'Adam Cohen. «Comme un animal qui marque son territoire», suggère-t-il.

We Go Home donne l'impression qu'Adam Cohen a ouvert toutes grandes les fenêtres de sa maison pour prendre un grand bol d'air frais. Mais il lui a fallu trimer pour en arriver là et même jeter à la poubelle un album qu'il venait d'enregistrer à Los Angeles avec des réalisateurs de renom et des musiciens de premier plan.

«On sentait le trucage, l'envie de plaire, et il y avait une anxiété dans ma voix, probablement liée au fait que je n'avais jamais eu de succès avant Like a Man», explique Adam Cohen

«Habituellement, je sortais un disque qui ne marchait pas, je me faisais larguer par la compagnie de disques, je faisais une dépression et je devais tout recommencer. Cette fois, j'ai eu une angoisse que je ne connaissais pas du tout: on attendait quelque chose de moi, on voulait que ce soit bon et que ça fasse état d'une certaine progression. Comme je n'y étais pas arrivé avec le disque fait à Los Angeles, je l'ai "scrappé" complètement.»

À la maison

We Go Home a été enregistré dans les deux maisons paternelles où Adam a des racines: dans l'île grecque d'Hydra et à Montréal, en face du parc du Portugal. D'où le titre de l'album: We Go Home.

«Après une première chanson à Hydra, tout le monde savait immédiatement qu'on avait trouvé la bonne formule, se souvient-il. Et le jour où on a quitté l'île, on s'est tous dit qu'on allait se retrouver dans le salon ici à Montréal pour faire l'autre moitié du disque.»

Adam a composé des chansons toutes neuves, ne conservant de son disque avorté que deux titres qu'il avait déjà chantés sur scène: Put Your Bags Down et Uniform. «On m'avait appris qu'il fallait souffrir et y mettre le temps pour écrire des chansons. Je n'étais pas prolifique, mais je le suis devenu», dit-il avec le sourire.

Dans le confort de ces deux maisons dont il connaît tous les secrets, Adam Cohen a trouvé une énergie spirituelle et une vision d'ensemble que son père appelle «the juice». Plutôt que d'avoir la désagréable impression de refiler à son public des «billets contrefaits», il a créé un album qu'il considère digne de la tradition familiale.

Le thème de la filiation est encore présent dans We Go Home, comme le suggèrent la photo du fils d'Adam, Cassius, sur la pochette, et celle, à l'intérieur, d'un Adam à peu près du même âge en compagnie de son père. Adam voulait que ses nouvelles chansons, qui viennent de conversations qu'il a eues ou qu'il aurait aimé avoir avec son père, dialoguent avec celles du paternel, comme pour prouver qu'il loge désormais à un étage supérieur dans la Tower of Song qu'a chantée Leonard Cohen.

Pourtant, Cohen père aimait le disque qu'Adam a «scrappé». Il lui disait que c'était un album très accompli dont il ne devrait pas avoir honte.

«Je lui ai dit «merde, tu n'as pas compris, je suis capable de plus que ça! ", tonne Adam. Je pense qu'il n'en était pas certain. Mais quand il a entendu We Go Home, il a reconnu qu'il s'était trompé et que j'avais complètement raison. Puis il a ajouté: «Tu as vraiment réussi, tu es devenu le mec que tu as toujours voulu être.»»

Plus encore, pour la première fois, Leonard Cohen a fait entendre à son fils les chansons d'un album en préparation (Popular Problems, qui paraîtra le 23 septembre) et a sollicité son avis. «J'étais devenu un allié, et non plus seulement son fils», dit Adam avec une fierté bien légitime.

Adam Cohen donnera un concert intime à l'église St. John the Evangelist dans le cadre de Pop Montréal le 18 septembre, avant de se produire au Théâtre Maisonneuve le 21 novembre.

CHANSON

Adam Cohen

We Go Home

Universal

Sortie le 16 septembre

Trois chansons commentées

Love Is : Une chanson pop accrocheuse

Adam Cohen: «Dans ma voiture, j'ai fait entendre deux chansons à mon père. Après We Go Home, il a dit: "C'est irrésistible, on ne sent pas du tout l'angoisse dans ta voix, c'est comme un mix de Springsteen, Cohen et Dylan..." Puis, après avoir écouté Love Is, il a dit: "Les gens vont beaucoup aimer ce titre, mais moi, ce n'est pas ma préférée." Le lendemain, il m'a appelé pour me dire: "Tu sais ce que j'ai en tête aujourd'hui? Love Is!"»

Uniform : Une chanson qui commence par un clin d'oeil à First We Take Manhattan de Leonard Cohen et qui est probablement ce qui ressemble le plus à une chanson engagée dans le répertoire d'Adam.

Adam Cohen: «C'était mon but, mon mantra: le petit Cohen a annoncé à tout le monde qu'il allait épouser une tradition et célébrer son père à sa façon. Mais maintenant qu'il a trouvé sa voix, il faut qu'il sorte de chez lui et que cette voix porte dans une communauté.»

So Much To Learn : Une chanson tout ce qu'il y a de plus folk dans la forme comme dans l'esprit.

Adam Cohen: «J'ai pris la tonalité, la guitare à cordes de nylon et l'éthos d'une certaine architecture folk des années 60 associée à mon père. Quand je descendais à la cuisine le matin, c'est ça que j'entendais. Pour moi, c'est comme aller à l'église.»




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