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Amazon lance un service de musique en ligne

Le service offrira la musique d'artistes comme Justin... (Photo: archives Reuters)

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Le service offrira la musique d'artistes comme Justin Timberlake, Bruno Mars, Bruce Springsteen, Pink et Madonna (notre photo), mais la musique de vedettes de Universal comme Katy Perry, Taylor Swift et Jay-Z sera absente de son catalogue.

Photo: archives Reuters

Sophie Estienne
Agence France-Presse
New York

Le géant américain de la distribution en ligne Amazon s'invite sur le marché concurrentiel de la musique en ligne, avec le lancement, jeudi aux États-Unis, d'un service sans publicité revendiquant «plus d'un million de titres».

«Aujourd'hui nous lançons Prime Music. Plus d'un million de titres de certains des meilleurs artistes musicaux, plus des centaines de listes de diffusion préprogrammées, sans coût additionnel», annonce le patron du groupe, Jeff Bezos, dans un communiqué.

Prime Music sera intégrée à Prime, le service sur abonnement d'Amazon qui, pour 99 $ par an, permet déjà de se faire livrer gratuitement en deux jours des articles commandés sur le site, mais aussi d'accéder à un catalogue de plus en plus large de contenus numériques.

Le service de musique vient muscler cette gamme de contenus, s'ajoutant à une offre croissante de films et séries télévisées en streaming (flux sans téléchargement) et à une bibliothèque de prêt de livres pour ses liseuses Kindle.

Amazon, qui n'a pas voulu dire dans l'immédiat si le service serait étendu à l'avenir à d'autres pays, arrive un peu tard, selon certains analystes, sur le marché de la musique en streaming, un mode d'écoute en essor alors que la croissance des téléchargements ralentit.

Il va devoir rivaliser avec des acteurs établis, comme le leader suédois du marché Spotify, la radio en ligne américaine Pandora Media, la filiale YouTube du groupe internet Google ou même le groupe informatique Apple, qui vient de racheter le service de musique en streaming Beats.

L'application Prime Music est compatible avec les tablettes Kindle Fire d'Amazon mais aussi les appareils mobiles utilisant les systèmes d'exploitation de Google (Android, utilisé sur un quart des téléphones intelligents vendus dans le monde) et d'Apple (iOS, qui fait fonctionner l'iPhone et l'iPad).

Les utilisateurs peuvent choisir d'écouter en direct un titre ou un album précis (Amazon cite une centaine d'exemples d'artistes, allant de Bob Dylan et Johnny Cash à Madonna et Aerosmith en passant par Bruno Mars ou Daft Punk), ou l'une des listes préprogrammées (avec un thème plutôt classique, country, jazz, rock, R&B, rap ou hip-hop).

Amazon évoque aussi une possibilité de télécharger des titres pour les écouter hors ligne.

Universal manque à l'appel

Le bémol est l'absence pour l'instant d'un accord avec l'une des plus grandes maisons de disque, Universal (groupe Vivendi), qui produit des artistes très populaires comme Lady Gaga ou Katy Perry, avec qui Amazon est toujours en discussions mais n'a pas réussi à s'entendre jusqu'ici, selon une source proche du dossier.

Certains médias soulignent aussi que beaucoup de «tubes» récents ne sont pas accessibles. Une porte-parole du groupe de distribution répond que le service inclut «beaucoup de musique actuellement dans le top 100» des ventes aux États-Unis et qu'on peut acheter des morceaux supplémentaires pour compléter le catalogue gratuit existant.

Ces limites n'inquiètent pas vraiment Trip Chowdhry, analyste chez Global Equity Research: Amazon «n'a pas besoin» d'avoir tout, «car c'est gratuit» pour les abonnés existants de Prime, juge-t-il.

«C'est juste un début et une bonne tactique», s'inscrivant dans l'élargissement croissant des activités d'Amazon qui, de simple libraire en ligne, est devenu «l'un des plus gros agrégateurs de contenus» numériques et devrait selon toute attente présenter la semaine prochaine son tout premier téléphone intelligent, après s'être déjà lancé dans les tablettes, et avoir présenté plus tôt cette année un boîtier décodeur pour regarder des vidéos en streaming sur un téléviseur.

Beaucoup d'analystes voient dans cette diversification une volonté de créer un écosystème et d'avoir des produits d'appels pour les activités plus traditionnelles de distribution.

«La vidéo était très bien pour augmenter la fréquence d'utilisation (des services d'Amazon), mais rien n'augmente la fréquence d'interaction autant que la musique, car les gens l'écoutent dans divers cadres et plusieurs fois par jour», fait valoir James McQuivey, un analyste du cabinet Forrester.

«Si vous êtes Pandora ou même Apple, avoir les gens qui vous utilisent plusieurs fois par jour n'augmente pas vraiment vos revenus, mais dans le cas d'Amazon (...) cela conduit à des achats plus fréquents, et c'est ce qu'Amazon a en tête avec son service de musique», explique-t-il.

Le service ne proposera par ailleurs pas beaucoup de nouveautés, et pour les artistes les plus connus, cela pourra signifier toute musique ayant été lancée dans les six derniers mois.

Universal n'a pas signé d'accord avec Amazon parce qu'elle s'opposait à la valeur de la somme fixe offerte pour les albums en question, selon deux personnes au courant du dossier. L'une des sources a indiqué que les droits d'auteur s'élevaient entre 40 et 50 millions $ US pour la totalité de l'industrie de la musique pendant deux ans.

Les autres maisons de disque ont jugé que le montant serait égal ou supérieur à celui qu'ils obtiendraient avec un paiement à la carte, considérant le nombre de fois où les chansons ont été écoutées avec d'autres services, a ajouté la source. Les deux personnes n'étaient pas autorisées à parler publiquement de ce sujet et ont donc donné ces détails sous le couvert de l'anonymat.




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