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Record Store Day: pour (retrouver) le plaisir d'acheter des disques

Né aux États-Unis, le Record Store Day a... (Photo: archives AFP)

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Né aux États-Unis, le Record Store Day a été lancé en 2008 pour freiner la fermeture des magasins de disques.

Photo: archives AFP

Donnés pour morts il y a 10 ans, les magasins de disques indépendants reprennent du poil de la bête. Le «Record Store Day», qui se tient cette année le 19 avril, est une bonne occasion de s'en rendre compte.

«Le Record Store Day, pour nous, c'est comme Noël ou la Saint-Valentin. C'est la journée de l'année!»

Popriétaire du magasin Aux 33 Tours, avenue du Mont-Royal, Pierre Markotanyos ne cache pas son excitation. Dans moins d'une semaine aura lieu le fameux Record Store Day, un genre de «Boxing Day» pour les disquaires indépendants. Il a déjà commandé des disques rares pour l'occasion, et plusieurs groupes rock viendront se produire dans sa boutique, question de rajouter à l'ambiance.

«C'est une célébration!, lance-t-il, enthousiaste. On veut montrer aux gens que l'industrie fonctionne, contrairement à ce qu'ils pensent.»

Né aux États-Unis, le Record Store Day a été lancé en 2008 pour freiner la fermeture progressive des magasins de disques, qu'on donnait pour morts à l'époque. L'idée était simple: proposer une fois l'an, le temps d'une journée, des pressages inédits d'artistes très connus, dans le but d'inciter les mélomanes à se déplacer pour acheter - chose devenue de plus en plus rare avec l'explosion du téléchargement et de l'écoute en continu (streaming).

L'initiative, au départ marginale, est devenue au fil des ans un véritable succès.

En six ans, le nombre de magasins participants est passé d'une centaine à plus de 2000. Nord-américain à la base, l'événement s'est transporté jusqu'en Allemagne, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Italie et en France, où on l'a carrément rebaptisé le «Disquaire Day».

Signe d'un engouement: les multinationales se sont aussi greffées à la fête, en proposant divers «nananes» tirés de leur imposant catalogue, ce qui a littéralement propulsé les chiffres de vente du Record Store Day.

Au Québec, le phénomène a pris un peu de retard. Mais selon les disquaires interrogés, l'année dernière semble avoir été un tournant.

«Il y avait une file de 200 personnes quand je suis arrivé le matin pour ouvrir, se rappelle Pierre Markotanyos, du 33 Tours. Je m'en rappelle clairement parce que je suis allé acheter les beignes pour tout le monde!»

Même son de cloche chez Eduardo Cabral, propriétaire de Sonorama, rue Bernard, qui dit n'avoir «jamais vu ça» en 30 ans de métier. «Du matin jusqu'au soir, ça n'a jamais lâché, dit-il. C'était comme une folie. J'ai fait une journée record.»

Effets pervers

L'événement est une véritable bénédiction pour les petits disquaires, peu habitués à un tel achalandage. Certains d'entre eux disent faire en une journée l'équivalent d'une semaine de recettes, sans compter tous ces nouveaux clients qui n'auraient peut-être pas eu le réflexe de se déplacer sans ce prétexte inusité.

«Il y a des histoires de magasins de disques qui ont sauvé leur année juste avec ça», souligne Nicolas Bouchard, label manager chez Distribution Sélect.

C'est, paradoxalement, le côté triste de l'affaire, estime Nick Catalano, propriétaire de Beatnick, rue Saint-Denis. Car bien qu'il soit une excellente initiative, l'événement a aussi son côté pervers. «C'est un support moral. Mais en même temps, je déplore que les gens attendent cet événement pour acheter des disques. En principe, le Record Store Day devrait se tenir tous les jours», dit-il.

On ne saurait le contredire. Sauf qu'à long terme, on peut supposer que l'événement créera de nouvelles habitudes de consommation et que les clients occasionnels d'aujourd'hui deviendront les habitués de demain.

Il serait surprenant, du reste, que cette grande fête du disque dépasse le marché de niche. À l'heure où Deezer, Spotify, Rdio, YouTube et iTunes se font la guerre pour le marché de la musique en continu, le Record Store Day reste un phénomène essentiellement marginal, mais très inspirant pour la suite des choses.

«Le but, c'est de créer du trafic dans les magasins, conclut Nicolas Bouchard. Dans un marché où tout est dirigé par le numérique, ça montre qu'il y a encore des revenus à faire avec la vente de disques. Ça donne surtout des pistes de solution pour maintenir ce qui existe déjà et ce qui pourrait survivre...»

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Le samedi 19 avril, chez tous les disquaires participants. www.recordstoreday.com




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