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Daniel Clarke Bouchard: le petit génie

Le pianiste de 13 ans Daniel Clarke Bouchard.... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Le pianiste de 13 ans Daniel Clarke Bouchard.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

À quelques jours du lancement de Scènes d'enfants, le pianiste Daniel Clarke Bouchard est «au septième ciel». Ce n'est pas donné à tout le monde de faire un disque classique à 13 ans et d'y jouer en duo avec le pianiste de jazz Oliver Jones.

Daniel Clarke Bouchard se promène avec le photographe dans les coulisses du Théâtre Outremont où il jouera avec l'Orchestre Métropolitain à la fin du mois.

Le pianiste de 13 ans est de fort bonne humeur, mais on ne le sent pas fébrile. Un peu plus tard, il dira très calmement qu'il est au septième ciel, que le lancement de son premier album, le 19 novembre, et ce concert avec Yannick Nézet-Séguin constituent presque un rêve. «Ça me permet de montrer ce que je ressens et avec quelle intensité j'interprète la musique», dit-il.

Daniel est comblé, mais il sait que ce n'est qu'une autre étape dans une carrière qui, de plus en plus, file à la vitesse grand V. Le titre de son album lui a été inspiré par une oeuvre du compositeur allemand Robert Schumann (Scènes d'enfants) dont il interprète un extrait sur ce premier disque.

Il a choisi Debussy pour la même raison: «Il a écrit cette pièce [Doctor Gradus ad Parnassum, qui fait partie de Children's Corner] pour sa fille de 3 ans et elle illustre bien des scènes d'enfance. C'était un choix facile: je l'ai déjà jouée en public et le public l'a beaucoup appréciée.»

S'il reprend Colèreà propos d'un sou perdu de Beethoven, c'est qu'il en est «tombé amoureux» quand il a vu son idole Evgeny Kissin la jouer sur YouTube. «J'ai eu envie de la jouer et la rejouer très souvent. Puis, j'ai eu la chance extraordinaire de le voir [Kissin] la jouer et je me suis fait photographier avec lui. Une super expérience!»

Autre coup de foudre pour l'Impromptu no 2 en mi bémol majeur de Schubert, qu'il a vu Murray Perahia interpréter à la Maison symphonique: «J'ai entendu tellement de versions fantastiques de cette pièce, mais c'était de loin la meilleure.»

Pourquoi donc avoir choisi Rondo capriccioso op. 14 de Mendelssohn? «C'est ma préférée sur l'album, avec celle de Léveillée. Je l'ai apprise il y a un peu plus d'un an. C'est une pièce extraordinaire pour montrer son talent.»

Valerie Clarke pouffe de rire devant ce mélange de culot et de spontanéité auquel son fils l'a habituée. Daniel lui jette un regard et insiste: «C'est vrai!» Maman précise: «C'est cette pièce qu'il a jouée à Carnegie Hall, en mai 2012.»

L'ami Oliver Jones

La seule pièce sur le disque qui n'appartient pas au répertoire classique est de Claude Léveillée. Daniel joue cette Grande valse fofolle à deux pianos avec son mentor Oliver Jones, comme ils l'ont fait ensemble lors de l'hommage à Léveillée, en clôture des dernières FrancoFolies de Montréal. Il tenait à ce que son ami Oliver vive à ses côtés l'expérience de ce premier album.

«Presque tout le monde sait que Claude Léveillée était l'un des meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes au Québec, dit Daniel. Notre duo aux Francos a tellement bien été reçu qu'on s'est dit qu'il fallait le refaire. Cette pièce s'intègre parfaitement au reste de l'album. C'était un moment historique pour moi quand j'ai annoncé à Oliver que je ferais mon premier album. Je me sens bien, je peux dire aux gens que j'ai accompli quelque chose.»

Oliver Jones précise: «J'ai changé l'arrangement un peu parce qu'on jouait tous les deux la même chose et c'est pas toujours facile de faire ce morceau ensemble, que ça soit uni. On a décidé que j'improviserais quelque chose en jazz sur le thème de Claude Léveillée.»

Auparavant, Daniel et Oliver avaient enregistré la Fantaisie à deux pianos sur les Variations «Ah! Vous dirai-je, maman» K. 265 de Mozart. Logique: c'est Oliver Jones qui a encouragé le jeune Daniel à étudier la musique classique, ce qu'il fait aujourd'hui au Conservatoire de musique de Montréal.

«C'est possible que Daniel joue du jazz, mais je voudrais qu'il continue en musique classique et que, chez lui ou chez moi, il joue un peu de jazz, explique Oliver Jones. Ce n'est pas toujours facile de faire la transition du jazz au classique et du classique au jazz, mais il a tellement de talent.»

Daniel a d'ailleurs composé une pièce jazzée, Oli's Boogie-Woogie, pour son mentor.

«-Tu n'es pas prêt à enregistrer tes propres compositions?

- Pas tout à fait encore. Mais je vais être prêt bientôt.»

Entre-temps, Daniel Clarke Bouchard a rendez-vous avec Yannick Nézet-Séguin et l'Orchestre Métropolitain au Théâtre Outremont le 27 novembre pour deux matinées et un concert en soirée, au cours desquels il va interpréter le Concerto pour piano no2 de Chostakovitch.

«Je ne l'ai jamais joué en public et ça va être une première pour Yannick également. L'une des meilleures versions que j'ai entendues, c'est Leonard Bernstein qui l'a faite.»

«-Tu joues de mémoire ou avec une partition?

- Je joue toujours de mémoire. Après avoir appris une pièce, il faut ressentir la musique et exprimer tes sentiments avec le piano. Avec mon piano, je me sens un peu comme les abeilles qui produisent du miel.»

Concert hors série Pierre et le loup de l'Orchestre Métropolitain, au Théâtre Outremont, le 27 novembre.




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