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Le monde s'invite chez Céline

Céline Dion... (Photo  Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil)

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Céline Dion

Photo Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil

(SINGER ISLAND, Floride) Céline Dion placote et placote. Elle termine avec les journalistes québécois sa troisième journée d'interviews en prévision du lancement de son album anglais Loved Me Back to Life, le 5 novembre, et elle est très relaxe malgré un tout petit mal de tête.

Que cet album dont la moitié des chansons devaient être des reprises de son répertoire de Las Vegas soit devenu un disque presque essentiellement de nouvelles chansons la comble de bonheur. Le premier concept ne l'emballait pas outre mesure. « Quand ça fait six ans que t'as pas fait d'album, d'en livrer la moitié d'un, ça ne me paraissait pas très généreux. »

Elle se réjouit surtout que dans ce métier éphémère qu'elle pratique depuis plus de 30 ans, les propositions de chansons continuent d'affluer. « Ce sont des cadeaux qui arrivent de la part de gens qui sont très actuels dans les palmarès, qui écrivent pour des chanteurs hot. J'ai 45 ans et ça fait six ans que je n'ai pas fait d'album, comment puis-je faire pour rafraîchir un peu mon image, mon son, sans me réinventer ? »

Ce son plus actuel, même sur les ballades, l'a amenée à chanter pour la première fois d'une voix très sèche, très présente dont on entend le grain, sans effets ni écho. « Dans le temps, et ça fait longtemps que je chante, on ne jurait que par Whitney Houston et on retrouvait partout les mêmes réalisateurs et auteurs. Tu tenais la note, tu chantais très haut tout le temps avec de la réverbération, on mettait de la crème fouettée et let's go ! Aujourd'hui, c'est plus frais, plus moderne, plus edgy. »

Edgy. Le mot revient souvent dans notre conversation et je lui demande si elle ose davantage en anglais, si elle est plus conservatrice en français.

« C'est vraiment pas pareil. L'approche en anglais, comment je place ma voix, c'est un autre monde. C'est drôle, mais quand j'ai besoin de me rassurer artistiquement, vocalement, quand j'ai un peu le cafard ou que je suis déçue d'une performance, j'écoute mes albums en français, pas ceux en anglais. Je n'écoute pas beaucoup de musique : dans mon sac, j'ai Adele et Rihanna. Je n'ai pas toute ma collection d'albums, et je ne veux pas l'avoir non plus. Mais récemment, je suis tombée sur mon album D'elles qui n'a pas connu énormément de succès. J'ai tellement pleuré en l'écoutant. Cet album-là, je n'ai pas eu le temps de le vivre, c'était bang-bang-bang, une émission spéciale et on passe à autre chose. C'est un album-référence pour moi. »

La tentation du jazz

La nouvelle formule de son album signifie également qu'on n'entendra pas Céline chanter le standard d'Ella Fitzgerald You'll Have To Swing It (Mr. Paganini) avec Herbie Hancock et ses musiciens.

Elle me dit d'abord que cette rencontre n'a pas donné le résultat escompté. Puis elle me donne une autre version, plus plausible celle-là. Après l'enregistrement, Hancock et ses musiciens se sont mis à jammer et Céline s'est mise à scatter avec eux.

« Personne ne le savait, mais l'ingénieur du son a tout enregistré, raconte-t-elle en riant. Il m'a fait un disque que j'écoute souvent : je ca-po-te ! Je peux pas croire que j'ai fait ça, ç'a été un trip de musicien. Je ne comprends pas comment on a pu se suivre comme ça. Je pense que c'est ça la vraie raison pour laquelle on ne sort pas Mr. Paganini. Ils ont dû se dire c'est tellement hot qu'il faut faire tout un disque de jazz. On ne va pas brûler le punch avec une chanson.

-Ça t'amuserait ?

-Pour avoir du fun, ça c'est sûr. Mais le jazz pour moi c'est un monde à part : you live jazz, you play jazz.

-Le Festival de jazz de Montréal serait sûrement ravi de t'accueillir ?

-Ils nous ont demandés souvent, mais je n'irai pas là si je ne me considère pas moi-même comme une chanteuse de jazz. »

Un peu plus tard, je lui parle de sa rencontre avec Arcade Fire dans les coulisses du Métropolis en octobre 2012. Elle dit : « Ç'aurait été le fun de faire quelque chose ensemble. J'étais très malade, mais j'aimerais pouvoir prendre le temps de vivre les choses, de dire pourquoi on ne se voit pas demain, on pourrait essayer de monter quelque chose ensemble, ça serait le fun. Je n'ai pas eu de fun encore, moi. »

Dans les vidéos tournées en studio qu'on a montrées aux journalistes hier, les auteurs de chansons et réalisateurs n'en reviennent pas de la voir capable de chanter n'importe quoi. « N'importe quoi peut-être pas, mais je suis capable d'être un peu caméléon et de m'adapter au style de musique, dit-elle. Je serais capable de chanter du country.

-Après le jazz ?

-Je ne ferais peut-être pas d'album country. L'album jazz peut-être, peut-être le Festival de jazz - je ne peux pas croire que je dis ça ! - et des shows unplugged dans des théâtres de 1000 places. Je vais avoir du fun, ça sera pas long ! »

La petite histoire de l'album

> 24 août 2012: La sortie de Water and a Flame est prévu pour le 12 novembre, une semaine exactement après Sans attendre.

> 24 septembre 2012: Water and a Flame est reporté à 2013. Le 1er octobre, René Angélil nous dit qu'il ne paraîtra qu'en mars ou avril 2013. «L'album est terminé, il ne reste qu'à approuver le dernier mix. Mais Sony - pas aux États-Unis, mais ailleurs dans le monde - trouvait qu'elle n'avait pas suffisamment de temps pour préparer le lancement. Ça fait notre affaire. Céline a donné des spectacles tout l'été, puis elle a enregistré deux albums en Floride. Elle est fatiguée.»

> Janvier 2013: Le lancement de Water and a Flame est reporté à l'automne.

> Été 2013: On change le titre de l'album pour Loved Me Back to Life, une chanson reçue au printemps et écrite par l'Australienne Sia Furler en collaboration avec Sham & Motesart. En juillet, Céline Dion l'enregistre. Au même moment, Daniel Merriweather, l'auteur de Water and a Flame, prétend sur Facebook que Céline a essayé de s'approprier sa chanson parce qu'elle n'a pas mentionné son nom à l'émission de Katie Couric, fin avril. «La déclaration de Daniel Merriweather nous a fâchés, ce n'est pas du tout le genre de Céline, et j'ai écrit à son agent, raconte Dave Plattel, bras droit de René Angélil. [...] On ne veut rien enlever à Daniel Merriweather. Mais Loved Me Back to Life est arrivée. Ce n'est pas la première fois qu'un titre d'album change en cours de route.»

Premières impressions

La Presse a pu entendre des extraits de la plupart des chansons du dernier album de Céline Dion. Nos premières impressions? Loved Me Back to Life est la locomotive de cet album qui porte son nom. Ce qui frappe d'abord dans ce disque, c'est sa sonorité beaucoup plus actuelle que celle de son dernier album en français Sans attendre. Même dans les ballades, un rythme moderne se glisse subtilement dans le mix.

Parlant de ballades, Incredible, qu'elle chante avec Ne-Yo, se veut un hymne plus grand que nature qui devrait tourner en boucle. Water and a Flame et Didn't Know Love, nous font entendre une chanteuse au registre plus grave, plus riche, qui se permet désormais une certaine vulnérabilité. Parmi les chansons plus uptempo, mentionnons Somebody Loves Somebody et Save Your Soul plutôt R'n'B à tendance funky.

-3 jours d'entrevues télé, radio, presse écrite

-38 interviews

-Des médias de 15 pays et de 4 continents



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