Pas de tapis rouge, pas de flashs, pas de chichi: Ariane Moffatt a donné hier soir son premier concert à New York au Rock Wood Music Hall, une minuscule salle du Lower East Side.

Yves Schaëffner, collaboration spéciale LA PRESSE

Si Ariane Moffatt et ses quatre musiciens avaient plutôt l'air à l'étroit hier soir sur la petite scène en coin du Rock Wood Music Hall, le public, lui, était choyé. Même le plus lointain des spectateurs n'était pas à plus de huit mètres de la chanteuse. Comme disent les Américains: «Only in New York!»

Celle qui caracole en tête des palmarès au Québec et au Canada est une illustre inconnue à New York et elle le sait bien. C'est entre autres pour cette raison que son concert était gratuit. «Je ne savais pas à quoi m'attendre ce soir, si vous alliez être 25, 100 ou 125», a confié Ariane Moffatt sur scène entre deux chansons tirées de son dernier album bilingue MA.

Il y avait environ 80 personnes dans la petite salle: beaucoup d'expatriés, des amis à eux et quelques étudiantes québécoises (d'après le carré rouge qu'elles arboraient fièrement).

Loin d'être déstabilisée à l'idée d'avoir à repartir à zéro et d'avoir à charmer un tout nouveau public, la chanteuse n'a pas ménagé ses efforts. Elle a enchaîné 11 chansons en moins d'une heure avant de remonter brièvement sur scène pour un rappel. Les fans n'étaient peut-être pas légion, mais ils étaient bruyants...

«Ici, je suis un band émergent», confiait-t-elle plus tôt dans la journée. À New York depuis trois jours, elle en a profité pour se reposer, se balader et donner quelques entrevues. «Les États-Unis, c'est tellement gros, cela demande un travail énorme, des efforts. Je sais très bien que je ne vis pas dans un conte de Cendrillon. Je sais qu'il me faut faire un travail de terrain», disaient-elle.

Ainsi, elle s'est mise à donner des entrevues à des blogues et des sites Web un peu pointus. Ici, elle se présente comme «une artiste indépendante» qui a produit elle-même son dernier album. Vu les sonorités très électro-pop de son dernier album, son attaché de presse Jonas Edvinsson ne détesterait pas que les médias locaux la comparent à Robyn ou Lykke Li.

Sur scène, Ariane Moffatt arborait elle-aussi le carré rouge. En entrevue, elle n'a pas d'ailleurs pas caché sa colère à l'égard du gouvernement Charest et de sa loi spéciale. Une colère qu'elle a catalysée la semaine dernière en enregistrant rapidement une nouvelle version de sa chanson 17 mai.

«Je ne suis pas nécessairement une artiste engagée, mais ma conscience citoyenne se développe, confie-t-elle. Et, je me suis spontanément sentie interpelée». En concert, elle a d'ailleurs dédiée une de ses chansons aux étudiants: «Sourire sincère».