Ils ont fait près de 150 spectacles avec les chansons de leur premier album, mais sur la scène du Club Soda, mercredi soir, les membres des Barr Brothers étaient inspirés et brûlants d'intensité comme si c'était les premiers jours de la tournée.

Mis à jour le 23 févr. 2012
Émilie Côté LA PRESSE

Après sa participation à l'émission Late Show de David Letterman et une mini-tournée américaine, le groupe se produisait à la maison dans le cadre du Festival Montréal en lumière. Le Club Soda affichait complet, réunissant un beau public varié, des plus chaleureux et enthousiastes.

Sarah Pagé, Andrés Vial, Brad Barr et son frère Andrew étaient parfois accompagnés d'une section de cuivres qui ajoutait un bel effet «Broken Social Scene» aux chansons du groupe. C'est sur scène que la beauté de la musique folk-rock créative des Barr Brothers prend tout son sens. La douceur des cordes, la grâce de la harpe de Sarah Pagé, la voix chaude de Brad Barr, la symbiose musicale du quatuor... le tout devant des spectateurs qui écoutent religieusement la musique en savourant chaque note.

La finale de Kisses From Chelsea (sans doute à paraître sur le prochain album) était à donner des frissons, tout comme la douceur enveloppante de Beggar in the Morning. Et que dire des amis musiciens du Mile-End qui sont venus faire des percussions sur des roues de vélo, de la poigante pièce Cloud en rappel, en hommage à Lhasa de Sela. Ou encore de Brad Barr qui pardonne son français approximatif à l'accent charmant en manifestant toute la gratitude de son quatuor envers son public.

Il y a environ un mois, les membres des Barr Brothers ont pris deux semaines pour s'enfermer dans un studio-appartement du Mile-End pour écrire des nouvelles chansons (celles entendues mercredi étaient déjà fort prenantes live).

Quand on sait que les pièces du premier album sont nées sans projet de les mettre sur disque, on peut comprendre que le groupe tente de recréer un environnement de création naturel où il ne faut pas «essayer» de produire des chansons mais où elles doivent grandir d'elles-mêmes.

Sachant cela, c'est d'autant plus admirable de voir qu'après quelque 150 spectacles, les Barr Brothers vibrent encore sur scène comme ils l'ont fait mercredi soir.

Disons le bien simplement: c'était beau. Presque à pleurer par moments.

Julien Sagot en première partie

Quelques mots sur Julien Sagot qui se produisait sans son groupe Karkwa avec les chansons de son premier album solo, Piano Mal, sorti il y a à peine un mois. Grande maîtrise sonore des chansons, générosité d'interprétation sur scène, mais il faudra davantage s'ouvrir au public.