Barack Obama a cédé mardi soir à la pression de Mick Jagger et a chanté un refrain du standard du blues Sweet Home Chicago, en clôture d'un concert à la Maison-Blanche, selon la retransmission en direct de l'événement sur le site internet de la présidence américaine.

Publié le 21 févr. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Pas ce soir!», s'est écrié M. Obama, alors que le chanteur des Rolling Stones et les guitaristes B.B. King et Buddy Guy l'invitaient à monter sur scène installée dans la salle d'apparat de la résidence exécutive, pour reprendre avec eux le refrain de la chanson à la fin de cette soirée spéciale.

M. Obama, qui avait créé la sensation en janvier en entonnant le tube d'Al Green Let's stay together au théâtre Apollo de New York pendant une réunion électorale, a fini par céder et s'est emparé du micro pour chanter en choeur avec les musiciens, «Come on, baby don't you want to go...», sans toutefois monter sur scène.

Mick Jagger

Déhanchements, gestes saccadés, voix inimitable, Mick Jagger a mis le feu à la Maison Blanche mardi soir lors d'un concert célébrant le blues au côté d'autres légendes de ce genre musical dont le président américain Barack Obama a salué le message universel.

Veste noire à motifs reptiliens, chemise écarlate et baskets assortis, le chanteur des Rolling Stones, 68 ans, est entré sous les vivats dans la salle d'apparat de la résidence présidentielle, «l'East Room», avant d'entamer un I Can't Turn You Loose, que les spectateurs de la soirée spéciale «Red, White and Blues», en premier lieu M. Obama et son épouse Michelle, ont écouté debout en marquant le rythme.

Enchaînant par le titre Commit a crime, accompagné à la guitare par un de ses complices du «swinging London» des années 1960, Jeff Beck, le chanteur des Rolling Stones s'est souvenu de l'époque où son groupe avait débarqué pour la première fois en 1964 dans les fameux studios Chess de Chicago, le fief de M. Obama.

«Nous avons rencontré tous ceux qui étaient en train d'enregistrer là-bas, et je me souviens à quel point ils ont été généreux avec nous. Ils ont dû penser que nous arrivions de Mars!», a plaisanté Mick Jagger, en évoquant notamment Willie Dixon. Il a ensuite entonné un très sensuel Miss You.

Les Rolling Stones, à qui l'on doit des dizaines de standards du rock dont Satisfaction, Sympathy for the Devil et Gimme Shelter, célèbrent cette année le 50e anniversaire de leur formation.

À leurs débuts, les membres de ce groupe londonien avaient abondamment puisé dans les standards du blues américain, contribuant à la découverte de cette culture par la jeunesse blanche aux États-Unis à une époque où la ségrégation raciale était encore en vigueur dans les États du «Vieux Sud».

Allusion à cette période, M. Obama, le premier président noir des États-Unis, a parlé avant ce concert de l'universalité de blues, qui «nous rappelle que nous avons traversé des temps plus difficiles».

«Je suis fier d'accueillir ces artistes pas seulement en tant qu'admirateur, mais aussi en tant que président, parce que leur musique nous enseigne que lorsque nous nous trouvons à la croisée des chemins, nous ne fuyons pas nos problèmes, nous leur faisons face, nous chantons à leur sujet», a-t-il ajouté.

Ce concert destiné à être diffusé à la télévision publique américaine est organisé à l'occasion du «Black History Month», le mois lors duquel les États-Unis se souviennent des contributions de la communauté noire à leur histoire et à leur culture.

Parmi les autres artistes invités mardi soir figuraient le «roi du blues» B.B. King et un autre maître, Buddy Guy, ainsi que l'un des talents les plus prometteurs du genre, Gary Clark, 28 ans, dont la guitare plaintive a fait trembler la vénérable «East Room».

M. Obama a visiblement apprécié l'événement. «Lorsqu'on est président, on ne peut pas sortir le soir pour marcher, s'éclaircir les idées, ou sauter dans une voiture. C'est frustrant. Mais il y a aussi les soirées lors desquelles B.B. King et Mick Jagger viennent chez vous!», a-t-il remarqué.